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Travail des enfants : la mobilisation reste de mise

Travail des enfants : la mobilisation reste de mise
Publié le
Par
Charles Kouassi
Lecture 4 minutes

Dans le monde, quelque 152 millions d’enfants sont forcés de travailler, parfois au péril de leur vie. Devant ce constat, l’OIT appelle les gouvernements et la société civile à rester mobilisés. Une injonction prise très au sérieux par le gouvernement ivoirien et notamment la première dame, Dominique Ouattara.

Partout dans le monde, les droits fondamentaux de millions d’enfants continuent d’être bafoués. Dans le cadre de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin dernier, l’Organisation internationale du travail (OIT) a communiqué des chiffres pour le moins inquiétants : au moins 152 millions d’enfants (de 5 à 17 ans) sont forcés de travailler. Parmi eux, 73 millions effectuent un travail dangereux, que ce soit dans les mines, les champs ou les usines. Ces derniers sont alors « exposés à des pesticides et autres substances toxiques, obligés de porter de lourdes charges ou soumis à des horaires exténuants. Beaucoup en supportent les conséquences physiques et psychologiques toute leur vie. Qui s’en trouve même menacée », a ainsi alerté Guy Ryder, directeur général de l’OIT.

Pour cet ancien syndicaliste, « nous devons nous attaquer aux causes profondes du travail des enfants », ce qui veut dire s’intéresser aux chaînes d’approvisionnement mondiales, mais aussi au travail « non rémunéré dans les exploitations agricoles familiales ». Selon les chiffres de l’OIT, la plupart des enfants qui travaillent (67,5 %) sont des membres de la famille non rémunérés, un pourcentage qui est même encore plus élevé dans l’agriculture. Or, « l’agriculture est l’un des trois domaines les plus dangereux en ce qui concerne les décès liés au travail, les accidents non mortels et les maladies professionnelles », ajoute l’OIT.

Dominique Ouattara mène la lutte

Si le nombre total d’enfants astreints à un travail dangereux a légèrement diminué ces dernières années, ce progrès ne concerne malheureusement que les plus âgés. En effet, le nombre d’enfants de 5 à 11 ans forcés de réaliser des travaux dangereux a quant à lui augmenté. Cela est tout simplement « inacceptable », s’insurge Guy Ryder.

Et il n’est pas le seul à le penser. En Côte d’Ivoire, les acteurs impliqués dans la lutte contre ce fléau se sont donné rendez-vous au Plateau le 29 juin dernier. À cette occasion, le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Jean-Claude Kouassi, a rappelé que la lutte contre le travail et l’exploitation des enfants est une « priorité nationale » et que le gouvernement ivoirien espère mettre fin au travail des enfants « sous toutes ces formes » à l’horizon 2025.

Le ministre a également tenu à rendre un « vibrant hommage » à la première dame ivoirienne, Dominique Ouattara, dont le leadership « permet à la Côte d’Ivoire de disposer de son tout premier centre d’accueil des enfants victimes des pires formes de travail à Soubré ». M. Kouassi a également indiqué que deux autres centres d’accueil seront construits à Bouaké et à Ferké.

Représentant Dominique Ouattara, Amani Konan a quant à lui souligné l’importance d’agir au niveau sous-régional pour mettre fin aux pires formes de travail des enfants. « Les différentes actions de Children of Africa [fondation créée et présidée par Dominique Ouattara] montrent que la Côte d’Ivoire est résolument engagée à éradiquer ce phénomène », a-t-il affirmé.

Rester mobilisé

« Tous les enfants ont le droit d’être libres de toute forme de travail, et tous les travailleurs ont droit à un milieu de travail sûr et sain », martèle l’OIT. Si l’agence onusienne admet que « des tâches adaptées à l’âge des enfants, comportant de moindres risques et ne les empêchant pas de suivre une scolarité normale et d’avoir du temps libre peuvent être une partie normale du développement d’un enfant dans un environnement rural », elle rappelle que les plus jeunes sont particulièrement vulnérables à de multiples risques qui exigent des réponses sévères « en droit et en pratique ». La vigilance et la mobilisation doivent dès lors rester de mise.

Antoine Denivel,
Etudiant en relations internationales

 

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