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Assahoré parle, des parlementaires Pdci indignés sur des bases rejetées par Assalé Tiémoko 

Assahoré parle, des parlementaires Pdci indignés sur des bases rejetées par Assalé Tiémoko 
Publié le
Par
Abdoulaye Touré
Lecture 8 minutes

Les dessous des réactions des parlementaires Pdci et des opposants après des propos tenus par Jacques Assahoré.

Pourquoi des parlementaires Pdci et certains opposants montent au créneau, suite à des propos tenus par le candidat du Rhdp dans le IFFOU?

Quand ils n’écoutent pas Assalé

Le député Assalé Tiémoko, pour refuser d’entrer au Rhdp, avait dit que ce n’était pas nécessaire pour développer sa commune. Il déplorait alors le fait que des indépendants qui ont rallié le parti au pouvoir affirment l’avoir fait pour le développement de leur commune. Pour lui, la loi permet de travailler sans être du parti au pouvoir. Ne s’agissait-il pas (au-delà d’une indépendance politique affirmée) d’un hommage que rendait Assalé Tiemoko à la gouvernance du Rhdp ? Mais alors d’où vient-il que des propos de campagne mettent tant en transe des Parlementaires Pdci et quelques opposants  depuis quelques jours ?

Ce que les parlementaires Pdci ont dit

« Lors de la cérémonie officielle de présentation des candidats du RHDP de l’IFFOU, le dimanche 28 Mai 2023 à Daoukro, le sieur Assahoré Konan Jacques, ci-avant Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique de la République de Côte d’Ivoire, mais agissant en qualité de militant du RDR-RHDP, a tenu à répondre aux préoccupations des populations visitées et rassemblées pour l’occasion. (….) 

Le Directeur Général du Trésor a alors déclaré, en substance, ce qui suit :

«…ce que vous constatez là, c’est la façon dont vous avez voté…

Celui qui distribue l’école, celui qui fait le goudron, celui qui construit les écoles, il dit voici mes soldats…

Vous dites non. Moi-même, j’ai mon propre soldat, c’est à lui que je vais faire confiance.

Mais, quand tu as fini de dire ça, toi-même tu vas chercher tes moyens pour construire des routes, pour faire tes écoles…»

Comme, il fallait s’y attendre, ces déclarations du DG du Trésor, d’une extrême gravité ont soulevé dans la population une vague d’indignation, dont les réseaux sociaux ont fait un large écho.

À leur tour, les Parlementaires PDCI-RDA, Députés et Sénateurs, dans leur ensemble, s’étonnent que de tels propos puissent émaner d’un fonctionnaire commis à la gestion des fonds publics des ivoiriens toutes tendances politiques confondues.

Ils s’interrogent sur les motivations et la qualité de celui qui parle ainsi : est-il le transfuge nouveau militant RDR-RHDP qui veut impressionner par son zèle, vis-à-vis de ses patrons, pourtant eux-mêmes militants RDR-RHDP sont modérés et mesurés dans leurs propos ? Ou bien est-ce le candidat ? Encore faut-il qu’une telle candidature soit recevable devant le peuple souverain et mature.

Les Députés et Sénateurs PDCI-RDA sont d’autant plus scandalisés qu’il s’agit, de surcroît, d’un parlementaire, un élu de la nation, sensé agir, en toutes circonstances, dans l’intérêt général, comme le sous-tend la Constitution ivoirienne, en son article 96 qui fait de lui le représentant de la nation entière.

Les Parlementaires PDCI-RDA déplorent ces propos de nature délictueux, attentatoires aux fondements du pluralisme démocratique, qui ne sauraient être tolérés, dans un état de droit.

Les propos du DG du Trésor ont, en effet, un caractère délictueux, en ce qu’ils sont clairement menaçants, à l’endroit des pauvres populations qui ne demandent qu’à bénéficier, elles aussi, du développement attendu par tout citoyen.

Faut-il rappeler que ledit développement est financé par les fonds publics issus en grande partie des contributions de tous les citoyens ?

Comment, alors, un gestionnaire de haut niveau de ces fonds publics peut-il s’oublier de la sorte ?

Le faisant, ne donne-t-il pas, ainsi, un signal à l’action publique ?

En outre, la sortie du DG du Trésor, porte aussi une grave atteinte à la pluralité d’opinions indispensable dans un régime démocratique, comme celui dont se réclame fièrement notre pays.

En effet, la Constitution ivoirienne en son article 4 proscrit les discriminations fondées sur les opinions.

Dès lors, l’on comprend et connaît mieux, à présent, l’origine des difficultés de fonctionnement imposées aux collectivités territoriales décentralisées dirigées par les élus dont les opinions diffèrent de celles des tenants du pouvoir en place.

Signalons, aussi, que fréquemment, des citoyens déclarés candidats indépendants du parti au pouvoir ou opposés à celui-ci, subissent toutes sortes de tracasseries, sont menacés, parfois sommés de justifier leur fortune ou virés de leur poste.

À cause de cette pratique détestable érigée en norme, depuis peu, nombre de circonscriptions électorales, notamment dans le nord du pays n‘enregistrent aucun candidat de l’opposition, pour éviter les représailles à l’égard des candidats déclarés. Cela est totalement contraire à la Constitution qui considère, dans son préambule  que « l’élection démocratique est le moyen par lequel le peuple choisit librement ses gouvernants ».

Aussi, les Parlementaires PDCI-RDA dénoncent-ils, sans réserve, cette politique discriminatoire.

Au regard de tout ce qui précède, les Parlementaires PDCI-RDA, prennent à témoin, l’opinion nationale et internationale, sur la pratique hideuse et abjecte de la démocratie dont les principes élémentaires sont constamment piétinés et bafoués par certains cadres zélés du parti au pouvoir, sans vergogne.

Sortira-t-on jamais des pratiques discriminatoires caricaturées, à travers les expressions peu honorables telles que « libérer le tabouret », « aller au restaurant pour éviter le gbèlèya »et maintenant « aller construire routes et écoles avec ses propres moyens », parce qu’on a des opinions différentes ?

Les Parlementaires du PDCI-RDA, Députés et Sénateurs, lancent respectueusement,  un appel à SEM le Président de la République, garant constitutionnel des libertés publiques et de la démocratie, pour un prompt rappel à l’ordre, afin que cessent toutes ces dérives graves.

Ils se réservent, par ailleurs, le droit de saisir les instances nationales et internationales, à toutes fins utiles », avaient dixit ces parlementaires du Pdci .

Les parlementaires Pdci se trompent de combat

En réalité, tout ce qui est reproché à Assahoré et au gouvernement Rhdp n’est pas fondé. L’utilisation d’un élément de langage n’est pas du chantage et une entrave à la liberté de choix des populations. Sont-ils convaincus que cela aura un impact au point de faire tout ce tapage ? En tout état de cause, même si le Rhdp ne gagne pas dans la Gbêkê ou ailleurs, les populations ne seront pas délaissées. Elles ne l’ont jamais été. 

A-t-on vu les maires Pdci du Plateau, de Marcory, de Cocody et de Port Bouët se plaindre d’entraves au motif qu’ils ne sont pas Rhdp. Au lieu de crier au loup contre Jacques Assahoré, ne faut-il pas brandir les actions et le bilan pouvant contredire son élément de langage devant les populations, en mettant en avant ce qui se fait dans les communes pas remportées par le Rhdp. Si Assahoré et le Rhdp n’ont jamais sanctionné les populations ayant élu des candidats autres que ceux du Rhdp, s’ils n’ont pas sanctionné parce que les candidats de celui qui fait goudron, école, route n’ont pas été élus, pourquoi c’est à partir du 2 septembre 2023, qu’ils le feront ? Impossible ! Le vrai problème, c’est que le message a fait effet et que les opposants sont troublés !

Ce qu’en pensent des acteurs politiques et de la société civile

Joint pour réagir sur la question, Kouakou Kra, vice-président du Front populaire ivoirien a indiqué que les propos d’un  leader d’opinion doit participer à la transformation positive de toute la société. « Si nous devons tenir des propos qui doivent déranger, aller dans le mauvais sens qui suscitent des interprétations malveillantes, il faut s’abstenir d’aller dans ce sens. Je crois que c’est une exploitation de la naïveté ou de l’ignorance de la population. Parce que ce qu’il dit, ce sont des propos de communication. Ça ne fait pas l’objet d’une décision il n’en a pas le pouvoir d’ailleurs, ce n’est pas juste, ce n’est pas correct », a déclaré Kouakou Kra. Cette position qui rejoint la posture de Assalé laisse penser que les parlementaires Pdci et opposants exagèrent et en font trop sur la question. 

Geoffroy Kouao : « Ces propos ne sont pas isolés et ne datent pas d’aujourd’hui ».

Pour sa part, Geoffroy Kouao  politologue, fait remarquer que ce type de propos n’est pas isolé et ne date pas d’aujourd’hui. Il pense même que la presse doit censurer de tels propos en ne les relayant pas. Pour lui, c’est de l’intimidation électorale. Il saisit l’occasion pour suggérer de rendre inéligibles les hauts fonctionnaires de l’Etat à certains postes électifs pour deux raisons : «d’abord pour qu’ils s’occupent exclusivement de leur fonction, ensuite pour éviter qu’ils utilisent leur fonction pour faire du chantage politique. À défaut, le clientélisme politique va considérablement saper les fondements de notre démocratie et remettre en cause la conscience nationale», argument-il.

Si l’opposition parlementaire du Pdci, un parti politique qui a déjà géré le pays, avait placé la question sous cet angle, sans doute aurait-elle été plus crédible. En tout état de cause, Jacques Assahoré n’a opéré aucune contrainte et tout porte à croire que ce type de discours n’est pas du tout nouveau. Ensuite en dehors de la campagne, il n’y a vraiment pas d’actions de rétorsions contre des populations suite à leurs choix dans les urnes. De quoi rassurer les parlementaires Pdci.

TAB 

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