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Libération de Simone Gbagbo : les femmes du grand marché d’Abobo se prononcent

Libération de Simone Gbagbo : les femmes du grand marché d’Abobo se prononcent
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Charles Kouassi
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Libérée depuis hier, après sept ans de prison, l’ex première dame de Côte d’Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo est encore dans l’esprit de nombreuses femmes résident dans la commune d’Abobo, nord d’Abidjan.

Pour beaucoup de victimes de la crise postélectorale de 2010-2011, Simone Gbagbo a joué un rôle important auprès de son époux, Laurent Gbagbo, actuellement détenu à la cour pénale internationale pour les crimes qu’il aurait commis lors de  cette crise postélectorale. Mais quand le président Alassane Ouattara décide de libérer celle dont il  a toujours  refusé le transfèrement à la CPI, ce sont des avis partagés qu’Afrikipresse a recueillis auprès des femmes commerçantes au grand marché d’Abobo ce jeudi 9 août 2018.

 

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« J’ai tout perdu pendant la crise de 2010. Mon mari et mes deux filles ont perdu la vie. Ce que je fais ne peut être qualifié de commerce. Je sais que je mérite plus mais je n’ai pas le choix. Je laisse Dieu juger les coupables. D’ailleurs qu’est-ce qui prouve qu’elle est coupable ?  Personne ne sait.  Car chacun dit pour lui mais Dieu voit tout.  Il connaît les responsables.  Moi,  j’ai la crainte de Dieu. Je prie et je sais que Dieu n’oublie jamais ses enfants.  J’ai tout pardonné pour que je puisse avancer.  Et je suis très contente qu’elle soit libérée car la justice appartient à Dieu » lance Alima Sissoko (vendeuse de chaussures).

Pour Sinata Ouédraogo, vendeuse d’ustensiles  « c’est une bonne idée.  Moi-même j’étais contente quand mes enfants m’ont dit qu’elle à été libérée.  Contente parce que nul n’est parfait.  J’ai perdu des proches.  Mais dans la vie il n’y a rien de plus fort que le pardon.  Ce qui est fait est fait, que tu pardonnes ou pas.  C’est une femme comme toi,  comme moi.  Et je ne veux pas voir ma camarade souffrir.   Elle a des enfants. Et nous savons la souffrance d’une mère loin de ses enfants ». 

 

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Mais si pour Alima et Sinata, le pardon doit être le maître mot des Ivoiriens, Bernadette Kouassi, vendeuse de vêtements, a,  quant à elle peur. « Moi, à vrai dire j’ai peur.  J’ai eu peur quand j’ai appris que Simone Gbagbo est sortie de prison.  Actuellement où je suis même je ne suis pas tranquille dans la tête.  Je commence dès maintenant à remplir la maison car on ne sait jamais.  S’ils l’ont libéré aujourd’hui c’est que demain on peut dire que son mari aussi sera libéré.  Et nous qui avons souffert nous n’avons rien à dire dans tout cela » craint-elle. 

Même inquiétude pour Amy Tiémoko, vendeuse de pagnes : « Le président a mal fait en tout cas.  Parce que quand il y’a des crises  c’est la population qui souffre plus.  Donc je pense qu’il pouvait au moins demander l’avis des femmes surtout celles d’Abobo avant de la libérer ou pas.  Maintenant qu’elle est sortie je souhaite qu’on lui interdise de faire la politique.  Cela va apaiser un peu nos cœurs car nous ne pouvons pas oublier comme cela tout ce qui s’est passé ici au grand marché d’Abobo » selon Amy Tiémoko.  

 

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Le 6 août dernier, lors de son message à la nation, le président Alassane Ouattara a dit : « Nous avons une responsabilité collective, celle de réaliser l’Union de tous les enfants de notre chère patrie. Nous avons une précieuse richesse commune à préserver, c’est la Côte d’Ivoire, notre grande Nation bâtie dans l’effort, dans la diversité, dans le respect de nos différences. A tous nos concitoyens, particulièrement ceux qui ont payé un lourd tribut lors de ces événements douloureux, je leur demande de bien vouloir accepter de pardonner. J’invite tous les bénéficiaires de cette amnistie à faire en sorte que notre pays ne revive plus jamais de tels événements et ne sombre plus jamais dans la violence. Il s’agit là, d’une mesure de clémence de la Nation entière envers ses filles et ses fils ».

Philippe Kouhon avec Abran Saliho

 

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