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L’éditorial : du boycott, de Facebook, des réseaux sociaux et du référendum constitutionnel

L’éditorial : du boycott, de Facebook, des réseaux sociaux et du référendum constitutionnel
Publié le
Par
Wakili Alafé
Lecture 6 minutes

La stratégie du boycott est un choix. Fondée ou pas, elle fait subir par les uns, les choses décidées par les autres, sans l’adhésion ni le consentement des premiers cités. Elle peut être aussi source de blocage dans la cité, si les partisans du refus-boycott sont nombreux, bien organisés, déterminés, à défaut d’être majoritaires étant entendu qu’il n’existe pas un schéma de mesure du poids d’une stratégie de boycott actif ou passif, qui peut prendre aussi la forme de l’abstention au cours des élections.

Quelquefois la stratégie du boycott peut conduire à des crises violentes ou même à la guerre, comme cause lointaine ou immédiate.

Ceux qui optent pour le boycott ont des efforts à faire, mais ceux à qui il est reproché d’en avoir créé les conditions, ont également le devoir d’agir et d’œuvrer pour éviter cela.

Le problème reste l’indicateur d’appréciation et d’évaluation du poids social et politique des acteurs du boycott : combien de divisions ? Quel est le rapport de force ? Ceux qui boycottent ont-ils les moyens de “boycotter”, les moyens de mettre en difficultés les institutions de façon démocratique ? Cette force de pression sociale, ne peut-elle pas se transformer en force électorale ?

Pour sûr , tout ce qui se déroule en marge des formes démocratiques de gouvernance et de gouvernement conduit inévitablement à un conflit armé. Que tout le monde prenne sa place dans la République et sorte des schémas de blocage pouvant conduire à la violence et aux armes !

Au-delà des partis politiques et des postures qu’ils adoptent, cette réflexion est l’occasion de rappeler à tous et à toutes, en particulier aux activistes ivoiriens des réseaux sociaux, deux ou trois choses que nous savons tous déjà plus ou moins : au soir du 30 octobre 2016, on ne comptera pas le nombre de “Like” ni de “DE Like”, le nombre de followers. On ne prendra pas en compte les votes sur Facebook, Twitter, Instagram, le nombre de vues des vidéos sur Périscope, You Tube, Snapchat, LinkedIn et tout le reste.

Si tu es inscrit sur les réseaux sociaux et que tu es également inscrit sur la liste électorale, c’est une bonne chose ; alors donne un sens à ton opinion, à tes convictions et à ta façon de voir exprimée sur les réseaux sociaux.

Si FaceTime ( le virtuel ) a pu aider le Président turc face au coup d’état contre lui, c’est bien parce que ses partisans ont aussitôt envahi les rues ( le réel ), pour faire reculer les put- schistes…

Si ailleurs les réseaux sociaux ont pu conduire à des révolutions, c’est bien parce les acteurs et activistes sont allés dans la rue, au delà des claviers. C’est un peu la suite du débat sur l’impact des #200 , à qui on demandait d’exister sur le terrain , dans le reel pour se mieux faire entendre.

Tant qu’il s’agit de rester virtuel , sans décliner dans le réel, dans le concret les idées et opinions que l’on porte , cela pèsera peu à long terme.

Le temps du vote est le temps de l’action , l’opportunité de participer à la définition de son avenir. Le temps du vote, il faut sortir, accepter d’aller dans le concret, et ne pas désespérer de ce que peut valoir son bulletin !

Comment peut-on accepter d’écrire, et de poster des vidéos sur les réseaux sociaux en croyant que cela seul est suffisant, que cela peut être plus efficace qu’un bulletin de vote, que la matérialisation dans les urnes des opinions et convictions ?

J’insiste sur une idée déjà défendue par ailleurs : l’élection c’est comme un match de foot.

Quels que soient le parti pris réel ou supposé de l’arbitre d’une part ( Cei ), et d’autre part quelle que soit la pression du public, lorsque l’une des équipes est talentueuse , quand elle en veut vraiment, elle peut , même chez l’adversaire qui fait office de favori et de super champion , faire la différence.

Les partisans du OUI ne croient pas du tout avoir déjà gagné, même si les partisans du NON refusent de participer à la bataille sur le terrain.

Les partisans du OUI avaient plutôt envisagé une forte résistance du NON dans les urnes. Une résistance qui ne se fera plus à cause du boycott des plus grandes tendances de l’opposition.

L’absence du NON dans les urnes n’empêchera pas l’application de la nouvelle constitution.

Si on estime qu’il y a deux millions d’Ivoiriens présents sur l’ensemble de tous les réseaux sociaux , si on suppose qu’ils sont majeurs ( au moins 18 ans ) et qu’ils sont inscrits sur la liste électorale, cela donne 30 % des inscrits…Ça compte dans une élection, et c’est inexact de dire que les votes de tout ce monde , peuvent être tripatouillés et puis “ça va pas aller quelque part” , comme on dit chez nous…

Le débat sur les analphabètes qui ne savent pas lire , et qui ne sauraient pas comprendre la nouvelle constitution, qui n’aurait pas été distribuée tôt ou diffusée partout , ne doit pas faire oublier le taux élevé de participation des mêmes populations ” analphabètes ” , en 2010 (+80%), et le taux accepté pour le Référendum de 2000 (52%)…

Il ne faut pas prendre nos parents pour “bêtes” en croyant nous les citadins, être les plus intelligents, les plus instruits , les plus “alphabétisés” parce qu’on a accès à l’Internet et aux médias nationaux et internationaux…

Il suffit souvent d’une simple heure , d’une journée , ou même de deux jours d’échanges au téléphone , ou en direct avec nos parents “pas lettrés” , pour leur expliquer que cette constitution que nous “les intellos” avons lue, est bonne ou est mauvaise. Mais alors pourquoi c’est nous qui estimons devoir leur dire ce qu’il faut voter ? Pourquoi c’est nous les “intello” qui voulons penser et décider à la place de nos parents, sous prétexte qu’ils sont analphabètes, comme si l’oralité était signe de mésintelligences …

On n’a pas besoin d’une année de “sensibilisation” ou d’explication pour mettre à la disposition et à la compréhension de tous la nouvelle constitution, encore que comme ces nombreux “titrologues” qui commentent l’actualité sur la base des UNES des journaux sans prendre le temps de lire encore moins d’acheter , je constate qu’il reste encore des “lettrés” qui n’osent pas faire l’effort de lire les 29 pages officielles , et les 184 articles de cette constitution.

C’est un travail citoyen, un travail de chacun qu’il ne revient pas aux seuls médias, ni aux seuls politiques de faire, quand bien même ce ne sont que les politiques, les médias et la société civile qui ont toujours fait cela, avec plus ou moins de bonheur ! Il est temps que chacun prenne son destin en main. Que chacun soit Yasmina Ouégnin qui dit NON, KKB qui boycotte, Soro et les 238 qui disent OUI.

Être acteur et non plus spectateur de son destin , de notre commune histoire , le temps d’un référendum.

L’histoire et le changement n’ont pas toujours besoin de sang , de violence pour se réaliser et se construire.

Par Wakili Alafé

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