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Côte d’Ivoire : Sur les ruines d’Aéro canal et Amangouakoi, un an après ( Affaire Ani Guibahi)

Côte d’Ivoire  : Sur les ruines d’Aéro canal et Amangouakoi, un an après ( Affaire Ani Guibahi)
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Par
Philippe Kouhon
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Janvier 2020 a été le mois noir pour les habitants des villages Aero canal et Amangouakoi situés sur l’emprise Ouest de la zone aéroportuaire d’Abidjan. Pour  cause, ils furent rasés pour des raisons de sécurité suite au décès du jeune Ani Guibahi Laurent Barthélemy ( 14 ans) dans le train d’atterrissage du vol Air France qui effectuait la liaison Abidjan-Paris le 8 janvier 2020. Depuis rien n’y fit sur le périmètre déguerpi.

« Le 13 janvier 2020, la mairie nous a donné 45 jours pour libérer la zone pour ceux qui étaient dans le périmètre de 200 mètres de la clôture de l’aéroport. Pour nous c’était largement suffisant pour engager des négociations avec les autorités compétentes en vue de trouver un terrain d’entente,  par exemple sur d’octroi d’un site de recasement et même trouver le temps pour faire notre déménagement.  A notre grande surprise,  le 20 janvier,  soit moins d’une semaine après,  nous avons été envahis de policiers armés jusqu’aux dents.  Impuissants, nous assistons  au ballet des Caterpillards  qui rasaient toutes les habitations avec des biens encore à l’intérieur » raconte  Sanogo Abou, chef du petit village d’Aero canal, avant de verser une goutte de larme.

Poursuivant,  il nous apprend que l’espace occupé ( le village) aujourd’hui par près de 3000 âmes,  des ivoiriens et ressortissants de la cedeao,  a été fondé par son père en 1950.

« Mon père, le vieux Yacouba, a eu cet espace par le biais de son petit frère, Namory qui lui travaillait comme entrepreneur pour le ministre Vanie Bi Tra puis le nouveau directeur de l’Asecna ( agence pour la sécurisation de la navigation aérienne, ndlr) des années plus tard.  Car l’asecna est arrivée  vers les années 1959, bien après l’installation de mon père ici » raconte-t-il.

Si le chef Sanogo nous fait cette précision,  c’est au regard des actions de dédommagement entreprises par certaines personnes en leur nom auprès de la mairie.

«  Sans nous consulter,  un jeune qui réside de l’autre côté du canal, un petit village assimilé aujourd’hui à Aero canal du fait de la proximité, qui en réalité est crée par des Ébriés il y a seulement trois ans, est allé avec les gens du quartier Adjoufou pour se faire dédommager. Alors que les déguerpis du quartier Adjoufou ont reçu chacun 30.000 fcfa  notre jeune autoproclamé leader nous a distribué à chacun 1 kilogramme de riz et un quart de litre d’huile. Mieux, ni la mairie, ni les ministères concernés ne sont venus nous voir depuis. On pensait qu’après notre départ,  la zone allait être aménagée et servir de véritable ceinture de sécurité autour de l’aéroport.  Rien de cela. Comme vous le constatez,  certains commencent à revenir parce que beaucoup ont des cultures maraîchères dans la zone » ajoute le chef Sanogo.

A 500 mètres  de là,  se trouve le petit village d’Amangoua Koi.

sur les ruines des habitations de Amangouakoi et d’Aéro canal
notre reporter Philippe Kouhon sur les ruines des habitations de Amangouakoi

Si la majeure partie du village située  à plus de 200 mètres du mur barbelé de l’aéroport n’a pas été rasée,  les ruines des maisons concernées sont encore perceptibles.

Les habitants qui pour beaucoup ont trouvé refuge au fond du village continuent leur activité sur la zone censée être aménagée pour la sécurité de l’aéroport (  cultures  maraîchères et pâturages).

A quoi devrait servir toute cette emprise à déguerpir autour du mur de l’aéroport ? Pourquoi l’opération n’a plus été effective à Adjoufou et pourquoi la zone déguerpie du côté  de aero canal et Amangouakoi n’a toujours  pas été aménagée ? A lire bientôt.

Philippe Kouhon

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