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Benin – Transports : Les conducteurs de taxis-motos au Bénin…

Benin – Transports : Les conducteurs de taxis-motos au Bénin…
Publié le
Par
Charles Kouassi
Lecture 6 minutes

Ils font le charme des villes béninoises. Pas de cartes postales du Bénin sans ces valeureux hommes en jaune. Que vous entriez dans le pays par les airs ou la route, ils sont bien souvent les premiers qui vous accueillent pour vos courses express. Les conducteurs de taxi-motos, affectueusement appelés « zémidjans » pourraient au fil du temps, du moins à la suite des réformes qui se succèdent dans le secteur de la sécurité routière au Bénin, faire leurs adieux.

Effet, les usagers de la route au Bénin sont soumis depuis quelques jours à un chapelet de réformes en matière de sécurité routière qui ne font pas pour autant les affaires de ces conducteurs de taxis-motos. Et le poids de ces réformes se ressentirait d’abord dans la cohorte des zémidjans de Cotonou puisque la plupart des nouvelles mesures sont pour le moment expérimentées dans la capitale économique du pays

Des conducteurs de motos confinés sur la piste cyclable…

La toute première réforme de l’année qui imposait aux conducteurs de véhicules à deux roues (les motos), l’utilisation exclusive des pistes cyclables, avait déjà fait grincer des dents dans le rang des zémidjans. La Cour constitutionnelle en avait même été saisie par les usagers de la route. Mais sa décision donnera raison à la police nationale.

Cette approche imposée par la police nationale a contraint ces hommes en jaune à réduire leur vitesse dans la circulation, car confinés dans une masse de motos dont les conducteurs ne sont pas toujours bien inspirés pour échapper aux embouteillages. Conséquence, le nombre quotidien de clients transportés par ces hommes est en baisse avec une paradoxale augmentation de la consommation en carburant; le temps de parcours pour toutes les distances ayant presque doublé.

Dans la foulée, ce fut l’immatriculation exigée à tous les véhicules à deux roues dont les opérations piétinent encore à la Direction des transports terrestres qui a secoué le monde des conducteurs des taxis-motos. Dans moins d’un mois, la police nationale devrait procéder au contrôle des immatriculations dans toutes les villes du pays. Et à quelques jours du début de cette opération, où moins de 10 % des motos en circulation au Bénin ont été immatriculées, il y a bien de quoi s’inquiéter pour les hommes en jaune. Sauf indulgence de la hiérarchie policière, Cotonou et ses environs seront bientôt vidés de ces engins.

Des usagers de la route casqués…

L’autre réforme prémonitoire de la disparition douce du métier de conducteur de taxis-motos ou tout simplement, aux dires de certains de la réduction du parc motocycle au Bénin, c’est le port obligatoire de casque. Si cette mesure a fait jaser dans le pays en raison des infrastructures routières qui y seraient très peu adaptées, elle pourrait être suicidaire pour les conducteurs de taxis-motos. Bien qu’ils se soient pour la plupart conformés aux dispositions en acquérant leur casque et ceux des clients pour certains, c’est l’après-casque qui pose problème.

Les conducteurs portent au moins douze heures d’horloge leur casque au quotidien. Pas aisé ! Et selon certaines sources, le port de casque pour une longue durée aurait des conséquences sur la santé. D’autres parlent même d’effets neurologiques bien que cela reste à prouver par des spécialistes du domaine, qui pour l’instant, se refusent pour la plupart d’entrer dans la polémique.

Boîte à pharmacie ou pack de sortie de la profession de zémidjans au Bénin ?

Et s’il y a une mesure qui provoque stupéfaction, c’est l’arrêté interministériel du 31 juillet 2014 qui impose à tout conducteur de taxi-moto la possession d’une boîte de pharmacie (trousse de secours). Si avec moins de 10 000 F Cfa (moins de 20 euros), les conducteurs de motos peuvent se l’acheter, ce qui n’est pas le cas des zémidjans puisque les motos qu’ils utilisent ne possèdent pas un dispositif de transport de la boîte. Ils peuvent toutefois s’estimer heureux car la police et la gendarmerie nationale se seraient déclarées incompétentes pour le contrôle de la boîte de pharmacie. Reste à savoir si le gouvernement ne mettra pas en place un autre dispositif pour le contrôle.

Cependant, ça grogne dans l’univers des zémidjans au Bénin. Ils s’estiment harcelés et poussés vers la sortie. Pas de quoi apitoyer le gouvernement, cela fait bien des années que les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays tentent vainement de réduire le nombre des taxis-motos.

En attendant, les interrogations se focalisent sur le programme de reconversion de ces derniers puisque les taxis-motos, c’est le secteur qui emploierait le plus de main-d’œuvre au Bénin. Et s’ils arrivaient à raccrocher, il faudrait au gouvernement pouvoir gérer le flux des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Il devrait aussi s’assurer d’une bonne politique de promotion du transport en commun, qui est loin d’être dans les habitudes du Béninois…

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La loi sur instaurant l’obligation du port de casque pour tous les motocyclistes au Bénin est rentrée dans sa phase répressive depuis le 2 août. Au moment où les autorités craignent un non-respect de cette loi sur le port du casque, le constat dans les rues montre le contraire. La grande majorité des motocyclistes respectent la mesure. Mais de quelle manière ?

Au Bénin, un pays qui grouille de véhicules à deux roues de tout genre, la loi sur le port de casque est rentrée en application et les conducteurs d’engins à deux roues trouvent toutes les stratégies pour la respecter.

Pendant les semaines qui ont précédée l’application de la nouvelle mesure, la police béninoise a procédé à plusieurs campagnes de sensibilisation pour appeler les usagers à se doter de casques. Car peu nombreux sont les usagers à en porter dans les rues de Cotonou, ou dans d’autres localités du Bénin. Ou bien s’ils en portent un sur la tête, il est souvent fait avec des gobelets, des calebasses, des pots cassés, des paniers, etc.

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L’essentiel pour eux est de couvrir la tête. Ainsi, les motocyclistes ont trouvé des solutions qui leur permettent de contourner la loi. En effet, la réalité est que le Béninois ne compte pas investir dans un casque de qualité. Depuis l’instauration de la mesure de port de casque obligatoire en 2012, le prix du casque a doublé, la taille ensuite. Il est extrêmement difficile de s’en procurer qui soit parfaitement ajusté à la tête. Importé majoritairement de Chine, il est impossible pour les consommateurs de s’assurer de la qualité du produit.

Une situation très inquiétante qui doit interpeller les autorités béninoises à revoir leur copie et amener les conducteurs à se procurer des casques dignes de ce nom pour ne pas s’exposer à des accidents et des blessures de toute sorte. Aucun casque n’est plus cher que la vie.
“Si on va vers une répression plus grande, ça peut créer encore d’autres choses”, a fait savoir Sylvain Zohoun. Les autorités, d’une certaine manière, reportent le débat sur la qualité des casques.

Source : www.elevagessansfrontieres.org/benin

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