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Côte d’Ivoire : Tia Gueu Rock Stéphane veut relève le défi de la production de riz local de qualité avec “RIDISSI”

Côte d’Ivoire : Tia Gueu Rock Stéphane veut relève le défi de la production de riz local de qualité avec “RIDISSI”
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La Rédaction
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Tia Gueu Rock Stéphane, un jeune entrepreneur ivoirien est déterminé à relever le défi de la production de riz local de qualité avec sa marque “RIDISSI”. Il nous raconte son parcours entrepreneurial, ses difficultés et lance un appel pour un soutien accru en vue de produire davantage de riz à des prix abordables.

La Côte d’Ivoire connaît actuellement une pénurie de riz sur le marché, ce qui a entraîné une hausse des prix. Dans ce contexte, RIDISSI, une entreprise dirigée par le jeune ivoirien Tia Gueu Rock Stéphane se démarque avec le riz local de qualité. Cette interview révèle le parcours entrepreneurial du promoteur. Elle explique comment RIDISSI est devenu une réalité et les défis auxquels est confrontée cette PME. De plus, nous explorons les projets de RIDISSI pour relever le défi de la forte demande de riz en Côte d’Ivoire.

Bonjour M. Présentez-vous à nos lecteurs SVP ?

Je m’appelle Tia Gueu Rock Stéphane, jeune entrepreneur slasher sériel entrepreneur. J’ai la vingtaine et je suis diplômé en Génie Information, Transit Douane et Commerce International. C’est après plusieurs boulots de rue que j’ai embrassé l’entrepreneuriat où mes formations m’aident dans mes activités personnelles.

Quand et comment est né le projet RIDISSI, devenu une réalité ?

RIDISSI a commencé en 2015 dans l’informel comme distributeur où nous achetions du riz avec les riziculteurs pour le revendre à Abidjan mais avec le temps, l’inflation des coûts de production empêchaient les parents riziculteurs de produire en quantité, du coup, nous nous sommes lancés dans la production en 2018 jusqu’à présent. Nous produisons nous mêmes, transformons et distribuons.

M. Gueu : qui vous accompagne financièrement et techniquement, parce que votre initiative nécessite de gros moyens techniques et financiers quand-même ?

Nous travaillons sur fond propre jusqu’à présent. Nous n’avons jamais eu d’accompagnement ou de financement quelconque parce que nous n’avons pas de biens immobiliers solides. Nous avons toujours réinvesti nos bénéfices dans la chaîne de valeur. Avec le temps nous avons ajouté des associés et distributeurs qui facilitent la production et la distribution ; mais c’est très loin de régler le problème. Aujourd’hui nous sommes en pleine croissance et nous avons besoin de machines agricoles et de subventions pour produire en grande quantité afin de baisser les coûts sur le marché.

Votre première Production s’élève à combien ……?

Notre première production en 2018, était sur 10 hectares, nous avons eu 40 tonnes. En 2019, nous avons fait 50 hectares avec 200 tonnes. 2020, avec 80 hectares, on a eu 320 tonnes. 2021, avec 150 hectares nous avons eu, 600 tonnes. 2022 avec, 500 hectares, nous avons eu 2000 tonnes et enfin en 2023, avec 600 hectares, on tourne autour de 2400 tonnes. Je précise que c’est du riz paddy, pas blanchis, et ce sont les résultats d’une saison, nous faisons 2 saisons par an.

Vous avez dit quelque part que votre stock actuel était épuisé. C’est dire que la demande est forte ?

Nous avons fidélisé 4500 ménages. Il y a 2.800.000 ménages en Côte d’Ivoire, nous sommes très loin des 1% des ménages. Ce qui signifie que notre production n’arrive même pas à ravitailler convenablement les 4500 familles fidélisées. En un mot sans publicité aucune, nous arrivons déjà à écouler notre production. Voilà pourquoi nous avons besoin d’un grand soutien car la demande est là. Avec 0 communication et 0 pancarte, nous vendons déjà. La Côte d’Ivoire est loin de connaître RIDISSI parce que nous sommes encore à 0,1% de notre capacité de travail.

Peut-on avoir quelques chiffres de ventes ?

La comptabilité sera mieux placée pour vous donner quelques chiffres de vente. Il faut dire aussi que malgré ça nous ne nous en sortons pas, parce que le coût de la production a augmenté. Nous avons les bas-fonds sauvages, les oiseaux, le changement climatique, le manque de main d’œuvre, le manque de machines, c’est difficile d’avoir de x chiffres cohérents. Avec plus d’appuis nous pourrons faire mieux.

La côte d’ivoire fait face à un manque de riz sur le marché, ce qui a entraîné une flambée des prix. RIDISSI peut-il relever le défi ?

RIDISSI ne peut pas rien faire dans ce manque de riz, notre production est peu et nous avons déjà la clientèle qui est loin des 10% des ménages donc certes, nous voulons relever le défi ; mais nous n’avons pas les moyens pour atteindre même les 1% des ménages qui font 28.800 ménages.

Quelle est la politique- marketing de RIDISSI pour disputer âprement la clientèle avec leurs prédécesseurs ?

Nous avons déjà la clientèle qui est déjà satisfaite depuis 2018. Nous ne sommes pas en concurrence avec quelqu’un. Nous produisons du riz local de qualité : la variété long grain parfumé très raffinée et le marché est tellement large que nous ne pouvons pas contrôler les performances des autres. Nous ne faisons pas la concurrence. En plus nous n’avons pas les moyens pour les concurrencer. Le peu de produit qu’on a, finit en un temps record.

Peut-on avoir une idée du retour des consommateurs : sont-ils satisfaits de la qualité de RIDISSI ?

Ils sont satisfaits, raison pour laquelle nous vendons depuis 2015, ça fait 8 ans aujourd’hui. Un mauvais produit ne dure pas sur le marché. Nous faisons 5kg à 3500 FCFA, 25kg à 17.500 FCFA.

Avez-vous commencé à ravitailler aussi les provinces ?

Les 4500 familles sont à Abidjan, Yamoussoukro, Daloa, Bouaké et Sinfra donc oui nous vendons aussi en province.

Avez-vous un appel à lancer aux ivoiriens pour qu’ils consomment de plus en plus RIDISSI ?

Oui nous avons un appel à lancer aux Ivoiriens et au gouvernement: Nous avons la capacité, les compétences et les expériences pour produire le riz local de qualité en grande quantité mais nous manquons de moyens et de machine pour le faire, si nous sommes soutenus et accompagnés financièrement nous pourrons produire notre riz en grande quantité et surtout le vendre moins cher pour qu’il soit accessible aux familles les plus démunies, en plus nous travaillons déjà avec plus de 400 femmes contractuelles et plus de 200 hommes contractuels, nous donnons du travail aux familles et nourrissons des familles avec notre riz. Nous vous remercions pour l’intérêt porté sur notre PME. 

Alain Martial.

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