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1ère édition rencontre État- fintech en Côte d’Ivoire : “c’est à nous fintech de proposer des solutions innovantes pour capter des parts de marché” (Martial Monthé)

1ère édition rencontre État- fintech en Côte d’Ivoire : “c’est à nous fintech de proposer des solutions innovantes pour capter des parts de marché” (Martial Monthé)
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Par
Yaya Kanté
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En marge de la première édition “rencontre État – fintech” qui s’est tenu à Abidjan le 18 novembre 2021, Martial Monthé, Ceo de CinetPay a accordé une interview à Afrikipresse. Dans cet entretien, M. Monthé parle notamment du rôle des fintech dans le recouvrement sécurisé des paiements à travers des solutions numériques. 

Présentez-nous CinetPay ?

Cinetpay est un agrégateur de solutions de paiement. C’est-à-dire que nous agrégeons sur une seule et unique plate-forme tous les moyens de paiement : mobile money, carte bancaire ; pour permettre aux e-commerçants, aux sites de e-commerce,  aux applications mobiles et aux institutions d’encaisser les paiements digitaux en ligne ou en physique. 

Quel est le sens de cette journée : rencontre État – fintech?

Le sens de cette journée était de mettre en relation les administrations publiques et fintech qui proposent des solutions technologiques innovantes, et écouter aussi mes problématiques, les difficultés que les administrations publiques rencontrent dans leur processus de digitalisation. C’était de mettre en relation pour pouvoir échanger, partager, discuter, comprendre et puis apporter des solutions concrètes pour le bien des populations. 

Quel est, selon vous, le niveau de digitalisation des administrations publiques ?

Je pense que l’administration publique n’est pas totalement digitalisée. Il y a des efforts qui sont faits, et pendant la rencontre beaucoup de participants ont parlé de synergie. C’est-à-dire qu’il faut une synergie entre les administrations publiques, les fintech et les startup pour pouvoir bénéficier de l’expertise technologiques de ces startups. Et aider les administrations publiques à se digitaliser, à se moderniser. Donc, les efforts sont en cours et on espère contribuer à ces efforts là. 

Quand on parle de fintech, de paiement électronique, il y a la question des données personnelles qui surgit. Comment gérez-vous ça en tant qu’opérateur privé ?

On est dans un processus de mise en conformité avec la loi sur la protection des données à caractère personnel donc, nous avons commis un cabinet qui nous accompagne dans ce processus là.  Et, nous travaillons depuis six mois à la mise en conformité de cette loi là.  Et, je pense que d’ici la fin de l’année, on pourra dire que Cinetpay est conforme à la loi sur la protection de données à caractère personnel en  Côte d’Ivoire. 

Comment se porte la fintech en Côte d’Ivoire et en Afrique francophone quand on sait l’avance qu’a l’Afrique anglophone dans le secteur ?

Je pense qu’on est très en retard par rapport à l’Afrique anglophone. Et le fait d’être en retard, ce n’est pas une mauvaise chose. Je pense que c’est une opportunité. Ça veut dire qu’il y beaucoup de choses à faire, il y a des gap à couvrir.  Le potentiel est là, le marché est là. Et, c’est à nous fintech de proposer des solutions innovantes pour capter des parts de marché et résorber ce retard là. 

On sait qu’avec les mobiles money, c’est aller très vite parce que c’était plutôt facile au niveau des usagers. Est-ce qu’avec vos solutions, on sera dans la même dynamique ?

Ce n’est pas le marché que nous visons. Les mobiles money visent des marchés de masse donc ils sont en B to C. Ils visent la population c’est donc beaucoup plus facile d’avoir un impact fort, direct et massif sur des millions de personnes avec ce type de solution. Alors que nous visons des entreprises. Et des entreprises, il n’y a n’en pas cent millions ! Elles sont très peu et quelques-unes sont digitales. C’est normal que ça parte lentement,  sûrement et surtout prudemment parce qu’on parle de millions de dollars. Et il faut prendre le temps de sécuriser toutes ces transactions. 

Vous parlez d’aider les entreprises à sécuriser leur paiement. Est-ce que vos solutions sont accessibles aux petites entreprises,  aux très petites entreprises ?

Effectivement, notre solution était basée sur des grandes entreprises. Nous sommes entrain de travailler sur une solution pour les petits commerçants et les commerçants qui ne sont pas du tout formalisés parce qu’il faut noter qu’en Côte d’Ivoire il y a trois à cinq millions de commerçants comme disait le conseiller technique du ministère du commerce. Et il faut pouvoir doter ces trois à cinq millions de commerçants d’un outil qui leur permet de sécuriser leur recette. Éviter les faux billets, éviter de se faire braquer, de se faire voler leur recette et de perdre totalement leur business. Donc, nous sommes entrain de travailler sur une solution. 

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