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19 septembre2002 : comment les Ouattara ont échappé à la mort (Côte d’ivoire, Moriba, livre)

19 septembre2002 : comment les  Ouattara ont échappé à la mort (Côte d’ivoire,  Moriba, livre)
Publié le
Par
Philippe Kouhon
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Alors qu’il  est admis  par ses détracteurs que c’était lui le père de la rébellion de Soro, l’ancien premier ministre,  Alassane Ouattara et sa famille ont échappé aux escadrons de la mort du régime Gbagbo,  le 19 septembre 2002, là où ils (les Ouattara) s’ils étaient réellement informés du coup d’état manqué, auraient pu prendre des dispositions pour  quitter le pays bien avant. 

Tout a basculé dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. 

« Les abidjanais ont été tirés de leur sommeil par le bruit assourdissant des tirs d’armes lourdes. Au petit matin  on apprend que Bouaké faisait également l’objet d’une attaque similaire.  Après près de 48 heures d’affrontements sans merci contre les Forces armées nationales de côte d’ivoire ( fanci), les assaillants décrochent d’Abidjan pour se replier vers Bouaké qui deviendra leur fief » raconte Moriba Magassouba au début du chapitre 12 de son livre «  Alassane Ouattara,  la passion du devoir,  page 192.

Poursuivant il écrit :

« Comme tout le monde, les Ouattara ont été réveillés par le  bruit de la canonnade,  aux environs de 4 heures du matin ce 19 septembre 2002. Perplexe,  Ouattara donne plusieurs coups de fil pour savoir ce qui se passe dans la ville.  Quelques heures plus tard,  pris de peur,  le Maire d’Abobo, Adama Toungara qui habite proche de la résidence de Lida Kouassi, alors ministre de la défense de Gbagbo,  appelle Ouattara pour lui exprimer ses inquiétudes. Celui-ci va rejoindre la famille Ouattara à leur résidence près de celle de l’ambassadeur d’Allemagne à Cocody Blockhauss.  Vers 10 heures Ouattara reçoit un appel qui l’informe de l’assassinat du général Robert Guei et le presse de quitter sa résidence car des hommes lourdement armés sont en route pour lui réserver un sort identique ».

Voilà comment sur insistance de son responsable de sécurité,  les familles Ouattara et Toungara vont trouver refuge au domicile de l’ambassadeur d’Allemagne à un saut de chez les OUATTARA  le 19 septembre vers 15 heures.

Vers 20 heures,  les bérets rouges de la garde républicaine de Gbagbo font un tour au domicile des Ouattara avant de se rendre compte qu’ils sont chez l’ambassadeur d’Allemagne. Sans succès. Toutefois, écrit Moriba Magassouba à la page 195 : 

«  Ce furent alors de longues et interminables heures d’angoisse jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Muni de ses deux portables,  Alassane Ouattara n’avait cessé toute la nuit de téléphoner.  Le lendemain 20 septembre,  c’est la mort dans l’âme que son épouse Dominique Ouattara,  en larmes,  et lui peuvent voir des camions militaires remplis de leurs  biens,  faire des navettes. Les bérets rouges après leur échec de la veille reviennent le 20 septembre tard la nuit avec des cris : livrez-nous le Mossi. Nous allons finir avec lui et après on va tuer le Baoulé. Mais le diplomate allemand ne cède pas ».

Des témoignages des proches,  Ouattara n’a jamais paniqué durant toutes ces heures éprouvantes.  Mieux, en fils de guerrier, il décidera à un moment donné de se livrer au cas où les militaires arrivent à défoncer la porte afin de protéger le reste de sa famille et proches.

Mais Adama Toungara  et Dominique Ouattara selon l’auteur étaient eux aussi déterminés à l’accompagner vers la mort. Quel courage !

Finalement tous se retrouveront à la résidence de l’ambassadeur de France,  Renaud Vignal dès le 21 septembre 2002. 

Mais dans la nuit du 21 au 22, sa résidence est incendiée et son aide de camp tué.

Le même 21 septembre c’est encore lui, qui lance un appel à la retenue alors que les assaillants avaient fini par louer domicile à Bouaké et couper le pays en deux.

Cela va aboutir au premier cessez-le-feu entre les belligérants le 17 octobre 2002 et faire baisser la tension dans le pays. 

Alassane Ouattara ne quittera le pays que le 29 novembre d’abord pour le Gabon puis la France. 

Sa mère et son frère cadet (photocopie, pour leur ressemblance)  eux iront au Ghana puis Ouagadougou sous la bénédiction de Adama Bictogo. 

« Cette nuit du 18 au 19 septembre sonne la révolte,  par les armes, d’une centaine d’hommes et de femmes qui, comme des centaines de milliers de leurs compatriotes,  refusent obstinément d’être spoliés de leur nationalité,  de devenir des apatrides dans leur propre pays,  ce qui a bien failli coûter la vie à l’ancien Premier ministre,  le symbole vivant de leur combat pour l’identité », conclut Moriba Magassouba à la page 205.

Philippe Kouhon 

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