Société

Tribune libre – Défi africain : Le respect des constitutions

Par Charles Kouassi3 février 2015

Les  évènements  récents montrent qu’à 63 ans,  le Président Blaise Compaoré a été lâché par lesmilitaires et conspué par la rue à cause de sa volonté de se maintenir au pouvoir ad vitam aeternamLes mises en garde, y compris dans son propre camp, s’étaient  pourtant multipliées pour le dissuaderd’entreprendre cette manœuvre qui allait lui être fatale.   

  Le Président Blaise Compaoré avait décidé malgré cela,  à la mi-octobre 2014 de faire passer à lahussarde une réforme constitutionnelle qui lui aurait permis de briguer en 2015 un nouveau mandatprésidentiel, le cinquième depuis 1987.
Cet évènement arrive, au moment où l’Afrique confirme son décollage économique dans la suite de laChine, l’Inde, et le Brésil. La croissance économique du continent a atteint  6,2% en 2013. Un rythmedeux fois plus élevé que celui de la population.

L’Afrique est la nouvelle frontière de la mondialisationavec  une  vitalité  démographique  et  un  doublement  de  la  classe  moyenne.   Le  changement  deconstitution dans un but contraire à l’intérêt général, fragilise l’Etat en Afrique provoque les conflitsarmés. Les Etats deviennent instables, sapés par les violences ethniques. Ce signal est négatif pour lesautres  Etats  Africains. 

Aujourd’hui,  la  priorité  pour  les  responsables  politiques  Africains,  est  depoursuivre l’amélioration de la bonne gouvernance afin de stabiliser leurs Etats. C’est à ce prix, quel’on pourra consolider le développement et la paix. Par ailleurs, les populations africaines ont besoinde justice, justice pour les personnes d’abord, mais aussi justice pour l’économie. Nous savons queplus  l’Etat  est  faible,  plus  les  bandits  s’installent  aux  manettes  de  la  nation et  plus  les  peuplessouffrent.

Le manque de développement provoque une absence totale de perspective pour les jeunesde plus en plus nombreux. Il faudrait d’abord avoir un consensus des forces politiques qui reflétera lecontenu de la constitution (cette loi fondamentale) clé de voûte de tout système démocratique dignede ce nom qui doit impérativement  être respectée de tout temps. Cette condition étant remplie, lamajorité élue pourra former un gouvernement  qui aura toute la légitimité d’explorer les possibilitésde dialogue. 

Les  faits  politiques  sur  le  continent  démontrent  à  chacun de nous,  que la  stabilitéétatique portée par l’individu n’est que paille et sable. Cet éphémère équilibre construit autour d’unchef, fût-il éclairé, pondéré, rassembleur même robuste, demeure immanquablement mortel et nepeut donc jouer le rôle de ciment politique et social que durant le temps très court d’une vie.

Il estdonc essentiel que la stabilité soit réfléchie et organisée comme une responsabilité permanente detoute la collectivité qui doit fonctionner sur des principes, des règles et des lois applicables à tous.Pour  concrétiser  cette  aspiration,  le  renouvellement  régulier  des  hauts  responsables  politiquess’impose.

M. César BENG

Ancien conseiller du Président Philippe SEGUIN

Consultant en relations internationales

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