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L'histoire vraie d'une fausse guerre entre Ouattara et Macky Sall autour de Macron

Dans un article, le magazine Jeune Afrique montre que l’Afrique est en train de devenir l’Eldorado des « fake news », ces fausses nouvelles relayées par les réseaux sociaux. Si l’on en croit  certains supports sénégalais, le Sénégal, à cause d’un prétendu coup-bas élyséen de Ouattaraà Macky Sall, serait prêt à rompre ses relations diplomatiques avec la Côte d’Ivoire.

[ Faire le « buzz » à tout prix à partir de « fakenews » ]

Quelques médias ivoiriens voyant que le Président Alassane Ouattara était le premier chef de l’État africain reçu par Emmanuel Macron, - ce qui a été souligné par l’Elysée -, ont cherché le ou les grains de sable qui pouvaient faire grincer la machinerie d’une visite habituelle et protocolaire, même si elle n’a rien d’anodin. Mais, pour ces médias, il s’agit de faire le « buzz ». 3 affaires, qui n’en sont pas, ont été montées en épingle :
du côté sénégalais :

a) d’abord, certains internautes avaient tenté de faire croire que les Présidents ivoiriens et sénégalais seraient reçus ensemble, une manière de banaliser l'hommage rendu à la force de la diplomatie ivoirienne sous Ouattara.

b) Ensuite, une partie de la presse sénégalaise a tenté de fabriquer une vraie « Fake News ». Une fausse affaire a été montée de toutes pièces : un prétendu coup bas qu'aurait fait le chef de l’État ivoirien à son homologue et jeune frère sénégalais, pour empêcher que son pays ait le privilège d'être le premier à être reçu au Palais de l'Elysée par le nouveau Chef de l’État français. Ouattara aurait fait pression sur l’Elysée pour être reçu le dimanche, alors que l’agenda de Macron était surchargé.

c) Enfin, contrairement au président Ouattara, MackySall a eu droit à une pause dans le jardin de l’Elyséeprincipal point de satisfaction des diplomates sénégalais.

Ils tentent de voir là, une vraie différence dans l’importance accordée par le président français à ses deux visiteurs.
- 1 du côté ivoirien :

La « fake news » ivoirienne tournait autour de l’absence de « tapis rouge » lors de l’arrivée d’Alassane Ouattara. Certains ont voulu utiliser cette absence de « tapis rouge » pour décrédibiliser, à Abidjan, l’action diplomatique du Chef d’Etat ivoirien.

[ ​Dakar, Abidjan et Paris tombent des nues face à toutes ces spéculations ]

​Du côté des autorités sénégalaises contactées en off à Paris, comme du côté ivoirien, et du côté de l’Elysée, on tombe des nues : la guerre des diplomaties ivoirienne et sénégalaise n’a jamais existé. Ni Dakar ni Abidjan ne gère l'agenda du Président français et il n’existe, dans l’esprit des 3 Chefs d’État , - Macron, Ouattara, Sall -, aucune rivalité diplomatique entre les deux pays africains, bien au contraire.

Pourtant les « fakenews » prospèrent, car il s’agit, pour certains médias, de tordre la réalité pour faire du « buzz ». Voici un exemple édifiant de spéculation attribuée au quotidien dakarois « Enquête » et relayée par le site Afrique sur 7.

Titre : Le coup bas de Ouattara à Macky Sallpasse mal au Sénégal

Fake news : Le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a récemment grillé la politesse à Macky Sall, son homologue sénégalais. ADO aurait tout fait pour arracher au sénégalais le symbole du premier président africain reçu parEmmanuel Macron à l’Élysée.

Contenu de l’article : « Enquête » explique comment Ouattara a manœuvré pour être le premier chef d’État africain à l’Elysée. Il s’agirait d’une« obsession » pour celui que Macky Sall appelle affectueusement« Grand frère » d’être considéré comme le plus grand de ses pairs en Afrique francophone de l’Ouest. Ado aurait mis la pression sur le secrétaire général de l’Élysée pour qu’il lui obtienne d’urgence sa réception avec Emmanuel Macron. Or, des élections législatives avaient lieu ce dimanche en France. Le président français devait faire le déplacement au Touquet, dans le nord Pas-de-Calais, pour voter. Retardé par cette réception accordée à Ouattara, il a été obligé d’y aller en Falcon pour arriver avant la fermeture des bureaux de vote. La réception accordée à Alssane Ouattara n’a duré que 30 minutes chrono, alors que celle de Macky Sall, reçu le lundi, a duré plus d’une heure et demie lundi.

Les médias dissèquent cette différence de traitement pour monter en épingle une prétendue guerre diplomatique entre Dakar et Abidjan, et une prétendue rivalité entre Ouattara et Sall.

​L’interprétation faite par ceux qui dénoncent, encore et toujours,

​la Françafrique ou la guerre des « vieux » pour voir le « petit »

​Qu’Alassane Ouattara (75 ans) et Macky Sall (55 ans) « se bagarrent », selon eux, pour rencontrer Emmanuel Macron (39 ans) est le signe, pour les contempteurs du néocolonialisme,  que l’Afrique francophone est toujours sous l’influence de la Frnçafrique. . Ils y voient l’impossibilité pour les dirigeants africains de s’affranchir de la tutelle de l’ancien colonisateur. L’indépendance des États africains vis-à-vis de la France n’est pas pour demain, quand on voit leurs dirigeants, multiplier les acrobaties pour être reçus par Macron et plaire au Président français "

​La vérité est pourtant simple selon Abidjan : le Président ivoirien n'était pas demandeur. Il n'a entrepris aucun lobbying particulier pour être reçu. Les choses sont allées d'elles-mêmes, et il n'a pas hésité à répondre à l'invitation de son homologue français. On ne gère pas les relations entre les États sous le coup de l’émotion ou de l’amitié, encore moins en fonction de l’âge du capitaine. Emmanuel Macron a vu Donald Trump, a reçu Vladimir Poutine et le Premier ministre indien. Ses hôtes n’ont pas refusé de rencontrer un Chef d’État de 39 ans, et chacun s’accorde à dire que Macron, depuis son élection le 7 mai 2017, a parfaitement réussi son entrée sur la scène internationale.

Il est temps de sortir du vieux monde des fantasmes au sujet des relations entre l’Afrique et la France. Alassane Ouattara et Macky Sall ont des hautes idées de leurs fonctions, et des enjeux si importants à affronter , qu'il paraît injurieux que des médias tentent d'alimenter ce type de buzz au sujet de leurs relations.

Ouattara et Sall , qui ont noté le sérieux et la rigueur de Macron, qui maîtrisait parfaitement les « dossiers » africains : lutte contre le terrorisme, situation des deux zones « franc, partenariats économiques, etc, ne sont venus faire allégeance à la France. Ils ne sont pas demandeurs d’une aide au développement qui serait une entrave à la croissance et à l’efficacité économique, mais aussi à l’indépendance de la BCEAO. L’économie de l’Afrique francophone est désormais gérée par les Africains eux-mêmes. C’est donc une autre grille de lecture, et non pas le fantasme ambiant de l’anti-France, qui doit être appliquée, lorsque Ouattara et Sall sont reçus par Macron.

​Comment doute de l’intégrité d’un Chef d’Etat comme Macron qui sait qu’il a devant lui une Afrique nouvelle, qui évolue, se transforme, s’ouvre à l’international, diversifie ses partenaires ? Comment douter de l’indépendance des Chefs d’Etats africains qui sont devenus les maîtres du jeu ?

​Les « fake news » véhiculent des messages qui se nourrissent d’une idéologie anticolonialiste, ce qui ne correspond pas à la réalité du monde nouveau que veulent construire Macron, Ouattara et Sall, très proches dans les idées et la volonté de transformer les sociétés. Ils apprennent à se connaître en se tenant loin des « spécialistes » de l’Afrique et des vieilles diplomaties parallèles.


​​​​​​Charles Kouassi

Dernière modification le 16/06/2017

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