fbpx

JUSTICE - ‎Procès Hissène Habré : une affaire, trois rôles, mille et une péripéties (Grand angle) Spécial

AFRIKIPRESSE-Dakar. En exil depuis 1990 à Dakar, au Sénégal, après sa perte du pouvoir, l’ancien président tchadien, Hissène Habré, «sera enfin» jugé dans son pays d’accueil où l’Union africaine a autorisé la création de quatre chambres africaines extraordinaires (CAE) pour connaître du dossier de  l’ancien Homme fort de Ndjamena.

«La tenue du procès de Habré est aujourd’hui est une question de jour», dit Mbacké Fall, Procureur général des CAE. Le 15février, Habré a été renvoyé devant la chambre africaine extraordinaire d’assises et son procès devrait débuter au plus tard en juin prochain au Tribunal Hors classe de Dakar qui va abriter les audiences.

«Nous attendons d'ici la semaine prochaine l'information sur la nomination des magistrats qui seront chargés de diriger les Chambres africaines extraordinaires d'assises. On a déjà lancé un appel à candidatures et il revient à l'Union Africaine (UA) de choisir ces magistrats»,  a ajouté Mbacké Fall qui rencontrait récemment une partie de la presse sénégalaise.

Trois magistrats pour décider du sort de Habré

Selon lui, la Chambre africaine extraordinaire d'assises sera dirigée par un magistrat africain, «non sénégalais ni tchadien», sélectionné par l'Union africaine, et assisté de deux magistrats sénégalais (un titulaire et un suppléant) choisis eux aussi par l'UA, sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature du Sénégal.
 
C’est donc parti, et aucune échappatoire ne semble possible pour Habré, inculpé en juillet 2013 au Sénégal, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crime de torture. Ces chefs d’inculpation amènent à dire que ce seront «trois rôles ou trois affaires» inscrits à l’ordre du jour du procès de Habré, qui séjourne depuis son inculpation, au Pavillon spécial de l’hôpital Principal, à Dakar.

Un boycott de la défense.

A ce jour, plus de 500 victimes et/ou témoins du régime de Habré ont été auditionnés au Tchad qui refuse d’envoyer à Dakar deux principaux témoins présentés comme clés. Ce qui avait poussé les CAE à dénoncer «ce manque de coopération de N’Djamena».
De leur côté, les avocats de la défense ont toujours récusé les CAE et dit qu’ils vont boycotter le procès. Ils considèrent , comme l’arrestation, que ce procès est illégal car, leur client avait déjà été innocenté par la Justice sénégalaise qui avait abandonné  les poursuites  retenues contre lui.

Rappel historique

Après le renversement du régime Habré, plusieurs fosses communes ont été découvertes à 25 km de la capitale en janvier 1992. Certaines fosses contenaient jusqu'à 150 squelettes des détenus exécutés par la tristement célèbre police politique (DDS). Le rapport de la commission d'enquête comptabilise quelque 80 000 orphelins imputables à la terreur du régime Habré.
Suffisant alors pour que quelques années plus tard, en 2003, des poursuites soient engagées en Belgique contre lui, en application de la loi de compétence universelle qui, bien qu'abrogée en 2003, s'applique dans ce cas précis (certains plaignants ayant acquis la nationalité belge).

Un mandat d'arrêt international, assorti d'une demande d'arrestation immédiate, est délivré par la justice belge le 19 septembre 2005 et transmis aux autorités sénégalaises. Après son arrestation le 15 novembre et une garde à vue de quelques jours, Hissène Habré est relâché, la justice sénégalaise s'étant finalement déclarée incompétente et l'affaire portée au niveau de l'Union africaine.

En juillet 2006, le Sénégal est mandaté par l'Union africaine pour juger Hissène Habré pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture. Le Sénégal a alors engagé une série de réformes législatives et adopté un amendement constitutionnel afin de juger l'ancien dictateur tchadien. Les autorités sénégalaises ont cependant lié leur action judiciaire à la prise en charge, par la communauté internationale en général et à l'UA en particulier, de la totalité des fonds nécessaires pour le procès, estimée à 27,4 millions d'euros.
Le 15 août 2008,  Hissène  Habré est condamné à mort par contumace pour crimes contre l'humanité par un tribunal de Ndjamena.

Ndiack FAYE

A propos de l'auteur

Afrikipresse

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!