fbpx

Guinée : le transfert de corps toujours interdit, vigilance dans l'attente de la fin d'Ebola

La République de Guinée traverse un tournant décisif avant la déclaration finale du virus mortel Ebola. À date, selon la coordination nationale d’anti-Ebola, aucun malade n’est hospitalisé dans le pays. Toutefois, elle appelle à la vigilance et au maintien des mesures sanitaires.

En conférence de presse, mardi 24 novembre 2015 à Conakry, le Dr Sakoba Kéïta, Coordinateur, a exhorté tout le monde à rester ferme. Car, précise-t-il, c’est cette fermeté qui pourra nous conduire vers la fin d’Ebola. « Si on ne serre pas les mains, on risque de revenir en arrière et nous repousser jusqu’à 2016. Il faut que les gens continuent les bonnes habitudes que nous avons eues pendant cette riposte », a-t-il conseillé.

Mais, aujourd’hui, les autorités sanitaires ont fait un constat, que le Dr Kéita a jugé ‘’alarmant’’. « Depuis que notre dernier malade est sorti, nous avons senti un relâchement pratiquement du côté des populations, des services. Même les demandes de transfert de corps ont augmenté. Nous sommes à la ligne droite, nous n’avons pas atteint le point d’arrivée. Si on s’arrête, la maladie risque de dire comme tu es fatigué, je vais rebondir de l’autre côté. C’est pourquoi nous devons intensifier les informations auprès des populations. Le transfert des corps d’une localité à une autre  reste et demeure interdit », a martelé l’épidémiologiste, Keïta.

« Nous constatons que dans les cérémonies  funéraires et les mariages, dit-il, la mise en place des dispositifs des lavages de mains n’est plus respectée. Les gens continuent nos traditions. Il suffit qu’un cas caché apparaisse quelque part pour qu’il puisse s’agrandir en termes de nombre de cas. Je demande à la population, que n’importe quel agent de santé qui examine un patient sans gans, soit dénoncé ».

Il a fait savoir que l’Etat donne gratuitement des gans aux agents de santé, et ils ont l’obligation de les porter. C’est pourquoi, le Dr Sakoba invite les citoyens d’exiger aux agents de santé de porter les gans avec l’examen. « Ça nous permettra d’adopter des mesures disciplinaires ».

Message aux religieux

Le spécialiste exhorte les religieux de refuser de prier sur les corps. « Aujourd’hui, ils prient sur les corps de façon clandestine. On soustrait des cadavres à Forécariah pour aller les enterrer ailleurs. Pourtant actuellement on n’est pas très sûr qu’il n’y a pas des cas cachés à Forécariah ou à Conakry. C’est pour cela qu’on a mis 42 jours avant de déclarer la fin d’Ebola. Si on était sûr, pourquoi nous imposer les 42 jours ? », s’est-il interrogé.

Le cas du Liberia est illustratif, évoque-t-il. « Ils ont repris deux fois le compte à rebours. La Guinée a vécu pendant 2 ans avec Ebola, nous voulons y mettre fin. C’est la première fois qu’on a une telle situation dans le pays, et la cause de cette persistance, ce sont nos traditions et coutumes surtout aux manipulations des corps. Les 75% des cas infectés sont dus aux enterrements et aux cérémonies funèbres », a-t-il expliqué.

Aliou BM Diallo
>

Dernière modification le 24/11/2015
Tags:

A propos de l'auteur

Afrikipresse

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!