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Guinée : la candidature de Dadis considérée comme une insulte

Plusieurs organisations guinéennes de défense des droits de l’Homme et la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) se sont exprimées mercredi à Conakry sur la candidature de l’ex-chef de la junte militaire en Guinée, Moussa Dadis Camara, exilé à Ouagadougou depuis 2010.

En conférence de presse, la trentaine d’ONG a laissé entendre : ‘’l’annonce le 11 mai 2015 de la candidature de Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle de 2015, rappelle que la Guinée n’en a pas encore fini avec son passé de violences politiques’’.

Pour elles, « le retour de Dadis Camara dans le jeu politique est une insulte faite aux victimes du massacre du stade du 28 septembre 2009 et au peuple guinéen dans son ensemble. C’est devant la justice guinéenne qu’il devrait se présenter et non à l’élection présidentielle », a déclaré Thierno Maadjou Sow, président de l’OGDH.
Il accuse Dadis Camara d’avoir violé chacun des 10 engagements pour les droits humains et une élection présidentielle apaisée, que les organisations demandent aujourd’hui aux candidats d’endosser pour faire de la présidentielle de 2015, un moment de démocratie sans violence.

Pour rappel, à la suite d’un coup d’état militaire fin 2008, Moussa Dadis Camara était le chef de l’État et commandant en chef des forces armées lorsque, le 28 septembre 2009, des militaires et des membres des forces de sécurité ont massacré au moins 156 personnes et violé plus d’une centaine de femmes au stade du 28 septembre, lors d’une manifestation politique. La commission d’enquête internationale mandatée par les Nations Unies quelques semaines après les évènements avait conclu qu’en raison de sa qualité de chef d’État militaire, il était possible de présumer sa responsabilité pénale directe, voire une responsabilité de commandement, pour les faits qui se sont produits au stade le 28 septembre et les jours suivants.

«Moussa Dadis Camara a déjà été entendu, depuis le Burkina Faso, en qualité de témoin et il est aujourd’hui sous le coup d’une demande d’inculpation émanant de la justice guinéenne. Dans ce contexte, il est tout simplement impensable qu’il songe à revenir sur la scène politique guinéenne. Ce que nous attendons désormais, c’est qu’il soit formellement mis en cause par la justice, et qu’il réponde de ses actes devant un jury populaire aux côtés des 13 autres personnes déjà mises en cause dans l’affaire du 28 septembre 2009 » a estimé Asmaou Diallo, présidente de l’associations des parents et amis des victimes (AVIPA).


Aliou BM Diallo, à Conakry

Dernière modification le 21/05/2015

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Dasse Claude

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