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Guinée : l’ex meneur de la réticence à Ebola, devenu sensibilisateur

Alors que l’épidémie d’Ebola a fait plus de 2000 victimes en Guinée depuis fin 2013, des réticences continuent et le virus connait une nouvelle flambée dans le pays.

Malgré la présence massive des organismes internationaux et d’agents sensibilisateurs dans les foyers réputés d’Ebola, de nombreux citoyens ne croient toujours pas en l’existence de cette maladie qui a tué plus de 11 000 personnes selon l’organisation mondiale de la santé (Guinée, Libéria et Sierra Léone).
Abdoulaye Camara, la trentaine, vit dans le district de Manké dans la sous-préfecture de Kaback, préfecture de Forécariah, frontalière à la Sierra-Léone.
Suite à une causerie organisée à la place publique de Manké par les mobilisateurs sociaux de l’UNICEF, il a souhaité témoigner de son expérience en tant qu’ancien meneur de la réticence à Kaback.

S’exprimant en langue locale Soussou, il a expliqué: « à vrai dire je ne croyais pas du tout en l’existence de cette maladie [Ebola]. Certains disaient que les agents de la Croix Rouge amènent les personnes malades pour les revendre, d’autres disaient que les personnes qui acceptent d’aller au Centre de Traitement se font injecter et elles meurent. C’est pourquoi j’incitais mes camarades à rejeter tous les agents qui venaient nous parler de la maladie. Un jour ma nièce Salématou Camara est tombée malade, elle avait les mêmes signes qu’Ebola. La situation s’est dégradée et une nuit elle a commencé à vomir et à se tordre de douleurs. J’ai demandé à mon frère qui est son père de l’envoyer à l’hôpital, à la suite de quoi elle s’est révélée positive à Ebola après le test. Heureusement, elle est sortie guérie après quelques semaines. Depuis ce jour, j’ai compris que tout ce que les gens disaient n’était pas fondé et j’ai aussitôt appelé tout le monde à croire en la maladie et à s’en protéger car elle existe et elle est très grave. Avant, c’est moi-même qui poussais mes amis jeunes à chasser les équipes de sensibilisation et la Croix Rouge mais aujourd’hui j’accompagne l’Etat et tous les partenaires engagés dans cette lutte pour en finir avec cette maladie qui nous a fait trop de mal.»


Aliou BM Diallo, à Conakry

Dernière modification le 28/05/2015
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Dasse Claude

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