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Guinée : Amnesty contre le réveil des vieux démons de la violence politique Spécial

AFRIKIPRESSE-Conakry. Amnesty International invite les autorités de Guinée à mener ''sans délai, une enquête approfondie et indépendante sur les tirs des militaires qui ont entraîné la mort d'un manifestant de l'opposition et ont blessé au moins 15 autres personnes''.

Dans un communiqué transmis à Afrikipresse, l'organisme trouve ''préoccupant que les forces de sécurité ont usé d'une force excessive, faisant un mort et plusieurs blessés ».

Un homme de 30 ans a été abattu d'une balle à la poitrine lundi 13 avril dans le cadre d'affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants, lors d'un rassemblement de l'opposition dans la capitale Conakry, lit-on dans le communiqué. Onze personnes, dont des mineurs, ont été arrêtées et inculpées de participation à une manifestation non autorisée ayant troublé l'ordre public.

Gaetan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, souligne que « les responsables de l'application des lois doivent utiliser des moyens non violents avant de recourir à la force et aux armes à feu, qui ne doivent être utilisées qu'en dernier recours, si les moyens non violents s'avèrent inefficaces ».

Se souvenant des douloureux événements que le pays a eu à traverser, le chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International conseille aux autorités guinéennes de ne « pas réveiller les vieux démons de la violence. Il exige que tous ceux qui ont recouru de manière excessive à la force soient clairement identifiés et traduits en justice. »

Au moment où l'opposition guinéenne désapprouve le calendrier électoral de la CENI, Gaetan Mootoo pense que « contester le calendrier des élections n'est pas un motif légitime pour restreindre le droit à la liberté de réunion. Les autorités guinéennes ont l'obligation de faciliter le droit de réunion pacifique et ne doivent pas recourir à la force contre les manifestants ».

Les dirigeants de l'opposition et du gouvernement avaient trouvé un accord en juillet 2013 en vue d'organiser les élections locales avant l'élection présidentielle prévue en 2015. Le gouvernement a nommé des administrations spéciales, chargées de gérer les municipalités pendant six mois, afin d'avoir le temps d'organiser les scrutins.

Lundi 13 avril, l'opposition souhaitait mettre en place sa propre administration dans cinq municipalités. La commission électorale nationale a fixé au 11 octobre la date du scrutin présidentiel, tandis que les élections locales sont prévues pour 2016.


Aliou BM Diallo

Dernière modification le 15/04/2015

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