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Burkina Faso : La dissolution du RSP ( régiment d'insécurité présidentielle ) réclamée par des milliers de manifestants Spécial

AFRIKIPRESSE -Ouaga . Un regroupement d’organisations de la société civile a manifesté, samedi 7 Février 2015 à Ouagadougou, pour demander le démantèlement de la garde présidentielle. Une unité d’élite de l’armée burkinabè, dont les mésententes internes perturbent la bonne marche de la Transition politique.

Les grognes à répétition au sein du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), soutenues par des revendications corporatives, inquiètent les organisations de la société civile (OSC). Depuis le mois décembre 2014, ont constaté avec regret ces entités, des mouvements d’humeur sont observés au sein de ce corps d’élite, crée par l’ex-président Blaise Compaoré pour assurer sa sécurité et celle de ses proches. Et le dernier mouvement d’humeur en date du RSP est celui du mercredi 4 février dernier, qui a empêché, après l’avoir perturbé une première fois, la tenue du Conseil des ministres hebdomadaire . Selon des sources concordantes, les frondeurs ont même revendiqué sans succès , ce jour, le départ de leur frère d’armes, devenu Premier, Isaac Yacouba Zida. N’eut été un accord trouvé sous la médiation du chef suprême des mossé, le Mogho Naaba, les choses auraient manifestement dégénéré. Il n’en fallait pas plus pour la société civile vomisse le RSP, une unité déjà mal vue dans l’opinion à cause de ses implications présumées dans certains crimes de sang, tel l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en 1998. Les leaders de la société civile, tout comme des responsables politiques, ont dénoncé publiquement cette situation, regrettant une « menace » au bon fonctionnement du processus de Transition, conduit par le président Michel Kafando. Certains d’entre eux y ont même vu des « manipulations » du chef de l’Etat déchu, pour « déstabiliser » la Transition depuis son exil ivoirien. Pour porter plus haut leurs inquiétudes, les leaders de la société civile, soutenus par les leaders politiques, ont tenu, samedi à la place de la Révolution de Ouagadougou, un grand meeting pour demander le démantèlement de la Garde présidentielle. Ce rassemblement a été l’occasion , à travers plusieurs messages, d’appeler au respect du processus de Transition, devant s’achever avec l’organisation d’élections présidentielle et législatives couplées en novembre prochain.

[ Modus Vivendi ]

Le porte-parole des OSC, Me Guy Hervé Kam du mouvement Le balai citoyen les agissements des éléments du RSP. « Le peuple ne doit pas subir les états d’âmes et les caprices de quelques individus fussent-ils des militaires d’une garde présidentielle (….) », a-t-il martelé devant la foule rassemblée Place de la Révolution. Il a ajouté : « A partir d’aujourd’hui (Ndlr : samedi 7 février 2015), le RSP devient le régiment de l’insécurité présidentielle. Notre pays ne sera pas une république bananière ». Une autre figure emblématique de la société civile, le constitutionnaliste Luc Marius Ibriga a tenu à rappeler au RSP, que la transition fait suite à une insurrection populaire et non à un coup d’Etat militaire. « Le RSP vivait avec Blaise Compaoré. S’ils (éléments du RSP) voulaient le pouvoir, pourquoi ne lui ont-ils pas fait un coup d’Etat », s’est-il interrogé, sous les acclamations nourries du public. A la veille du meeting, le président de la Transition, Michel Kafando, en accord avec les hauts gradés de l’armée avaient décidé de réaménagements au sein de la garde présidentielle. Et c’est à ce titre, que le colonel-major Boureima Kiéré a été promu chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso, en remplacement du commandant Théohpile Nikiéma, dont la nomination était contestée par ses frères d’armes du RSP. Il a été également décidé de la « réorientation » des missions de la Garde présidentielle, qui pourrait être rebaptisée et affectée à d’autres missions dans les mois à venir. Dans la foulée, le RSP, par la voie de son porte-voix, le capitaine Abdoulaye Dao, a rassuré le peuple de sa volonté d’accompagner la Transition jusqu’à son terme.

 

Eric Delaplume

Dernière modification le 07/02/2015

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