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30eme Sommet UA : la corruption coûte 50 milliards de dollars par an à l’Afrique

Le Conseil Exécutif de la commission de l’UA a ouvert sa 32e session ordinaire ce jeudi 25 janvier 2018.

Composé des ministres des affaires étrangères et autres ministres ou autorités dûment désignés, le conseil délibérera pendant deux jours ( 25 et 26) sur les différents points de leur ordre du jour comprenant les projets de décisions et de déclaration de l’Assemblée, avec des recommandations appropriées pour examen par l’Assemblée des chefs d’Etats et de Gouvernement de l’UA, prévue du 28 au 29 janvier 2018.

Avant le début des travaux des ministres qui examineront à huis clos plusieurs rapports qui leur ont été soumis par le comité des représentants permanents (COREP), se sont succédé à la tribune, Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA, Vera Songwe, secrétaire exécutive de la commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) et Mamadi Touré, ambassadeur de la Guinée Conakry auprès de l’UA et de la CEA.

« Au moment où vos assises se tiennent, l’Afrique n’a pas encore fini de digérer les déclarations du président des Etats-Unis qui ont profondément choqué par les messages de mépris, de haine, de désir de marginalisation et d’exclusion de l’Afrique qu’elles ont véhiculées. De telles déclarations venues à la suite d’autres sur Jérusalem et la réduction des contributions au budget de maintien de la paix à l’échelle mondiale, inclinent à penser que le multilatéralisme connait une grave crise. Le continent ne saurait se taire à ce sujet » a rappelé Faki Mahamat.

Sur le thème de la corruption, la question de la réforme et l’indépendance financière de l’UA,  il a dit : « Le rapport du panel Mbeki montre que la corruption couplée avec les flux financiers illicites, prive chaque année, l’Afrique d’à peu près cinquante milliards de dollars américains. Comme le terrorisme, le combat ici devrait être global et ne saurait être gagné que par notre action collective. L’année 2018 est appelée à être l’année de ce combat. Réformer résolument l’outil continental et lutter contre la corruption, n’est-ce pas faire œuvre de cohérence et de logique ? L’application de la taxe de 0,2% sur des importations éligibles constituera l’une des réformes fondamentales pour notre indépendance financière. Je me félicite que déjà, dans l’exercice 2017, nous avons réduit la contribution des partenaires à 74% du budget programme. Pour le budget 2018, la part des partenaires reviendra à 59%, ce qui représente un progrès substantiel dans la mise en œuvre graduelle de la Décision 577 de la Conférence de Johannesbourg de juin 2015. Si la tendance se maintient, le tableau serait le financement propre à 100% de notre budget opérationnel, 75% de nos programmes et 25% des opérations de paix sur le continent, à l’horizon 2020. Votre mobilisation pour atteindre cet indispensable objectif est souhaitée. Et je sais pouvoir compter sur vous, sur votre force d’influence placée en vous par nos Chefs d’Etats et de gouvernements. Vous êtes leurs dignes représentants ici, vous êtes nos meilleurs envoyés spéciaux là-bas ».

Mme Vera Songwe, qui prononce son premier discours en tant que secrétaire exécutif de la commission économique de l’ONU pour l’Afrique (CEA) a comparé la corruption à un cancer qui tue à petit feu les politiques, les économies et les sociétés africaines.
 
« La seule cure durable à cette maladie, c’est à nous de la trouver et de la définir. Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire. Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé » a-t-elle martelé.
 
Enfin, ouvrant officiellement la 32e session ordinaire du Conseil Exécutif de l’UA, son président en exercice, Mamadi Touré de la Guinée a dit :

« 65% de la population africaine est constituée de jeunes de moins de 35 ans. En rapport avec le Fonds des Nations Unies pour la population, l’UA s’est dotée pour la première fois d’une feuille de route assortie d’une matrice des activités à réaliser dans le cadre de la mise en œuvre du thème de l’année 2017 (Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse). L’Afrique est aujourd’hui le continent de l’avenir en termes de croissance démographique, pour peu que les conditions soient créées pour l’avènement d’un environnement favorable à la jeunesse afin de faire de cette couche sociale le véritable vecteur du développement. Il est donc impérieux que l’on continue d’œuvrer à la mise en œuvre de cette feuille de route au-delà de 2017. Dans cette perspective, je voudrais proposer que le Conseil Exécutif mettre en place un Comité ad hoc pour appuyer et évaluer la mise en œuvre de la feuille de route par les Etats membres, en rapport avec la commission de l’UA ».
 
Notons qu’en plus de l’adoption de l’ordre du jour de la 30e session ordinaire des Chefs d’Etats et de gouvernements, le comité exécutif va délibérer sur plusieurs rapports. A savoirl'examen du rapport du Comité des représentants permanents (COREP); le rapport annuel du Président de la Commission pour la période allant de janvier à décembre 2017 et le rapport sur l'application de la Déclaration de l'Assemblée, y compris celui sur l'engagement solennel sur le marché unique du transport aérien en Afrique (SAATM); la mise en œuvre de l'Agenda 2063; les candidatures africaines dans le système international; le rapport d'avancement sur la Cour pénale internationale (CPI) entre autres. Ont représentés la Côte d’Ivoire, les ministres Marcel Amon Tanoh (affaires étrangères, Aly Coulibaly (Intégration africaine et les Ivoiriens de l’extérieur), Yapi Koffi Evariste (ambassadeur auprès de l’UA) et Alcide Djédjé, ancien ministre des affaires étrangères de Gbagbo et conseiller spécial du ministre Amon Tanoh.
 
Philippe Kouhon, envoyé spécial à Addis Abeba

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Dernière modification le 26/01/2018
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