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30eme Sommet UA : échos de la longue quête d’une intégration encore inachevée

L’Afrique est le seul continent à créer depuis 1991 une communauté économique regroupant l’ensemble des États , alors qu’elle est toujours en situation de crise.

De l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à l’Union africaine (UA)

Après les indépendances, deux visions se dispute en Afrique le modèle d’organisation et d’intégration du continent . Le fédéralisme mené entre autre, par le Ghanéen Kwamé Nkruma et « l’Afrique des États ». La seconde option finit par s’imposer. Sous l’impulsion de l’empereur Haïlé Sélassié 1erd’Ethiopie, naît ensuite la toute première organisation panafricaine, l’OUA (organisation de l’unité africaine) dont la charte rédigée par les présidents, Modibo Keita (Mali) et Sylvanus Olympio du Togo, est signée par trente États indépendants le 25 mai 1963.

L’organisation prônait le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États. Elle s’était fixé pour objectif, la promotion de la solidarité et l’union entre les pays africains. Avant sa dissolution en 2002, l’OUA a été dirigée par 9 secrétaires généraux dont le dernier en date est l’ivoirien, Essy Amara (2001-2002).

Naissance de l’UA

C’est lors du 37e et dernier sommet de l’OUA le 9 juillet 2001 à Lusaka en Zambie que fut entérinée l’idée de la création de l’Union africaine. Elle sera effective en Juillet 2002 lors de la conférence de Durban (Afrique du sud) et ce sous l’impulsion de Mahamar Kadafi. Contrairement à l’OUA, l’UA se donne le droit d’ingérence dans certaines situations (génocide, crime de guerre..). Son premier président fut, Thabo Mbeki (2002-2003).

 

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Selon des sources proches du 30e sommet de l’UA qui se tient actuellement à Addis Abeba(22 au 29 janvier), Paul Kagamé du Rwanda pourrait devenir le 16e président. Avant lui se sont succédé Joaquim Alberto Chissano du Mozambique (2003-2004) ; Olésegun Obassanjo du Nidéria (2004-2005) ; Dénis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville (2006-2007) ; John Kufuor du Ghana (2007-2008) ; Jakaya Mrisho Kikweté de la Tanzanie (2008-2009) ; Muammar Gaddafi de la Libye (2009-2010) ; Bingu Wa Muthrika du Malawi (2010-2011) ; Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée Equatoriale (2011-2012) ;Thomas Yayi Boni du Bénin (2012-2013) ; Haïle Maryam Dessalegn de l’Ethiopie (2013-2014) ; Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie (2014-2015) ; Robert Mugabé du Zimbabwé (2015-2016) ; Idriss Déby du Tchad (2016-2017) et Alpha Condé de la Guinée Conakry (2017-2018).

L’intégration africaine

L’Union africaine est la seule organisation regroupant les États d’Afrique à l’exception de Somaliland non encore reconnu par les autres Etats. Avec une population de 1,15 milliards de personnes, son processus d’intégration répond  à deux motivations, économique et politique selon le rapport de la 6econférence du CERA (communauté économique régionale en Afrique) tenue en novembre 2013 au Maroc, rédigé par Ibtissam Bahmane et publié sur le site Emnet.Univie.ac.at. Le même rapport indique que la stratégie d’intégration de l’UA est basée sur des communautés économiques régionales (CER) comme jalon devant aboutir à la création d’un bloc commercial continental unique.

 

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Le traité d’Abuja du 12 mai 1994 prévoit la création de 5 CER correspondant aux 5 régions reconnues initialement par l’OUA, mais il existe aujourd’hui 8 CER avec parfois certains pays appartenant à plusieurs organisations.

Incohérence ou chevauchement au sein des CER

Le rapport Bahmane cité plus haut dénombre 14 organisations régionales en Afrique dont 8 CER (communauté économique régionale) qui ont un marché commun et 6 CESR (communauté économique sous régionale) qui partagent la même monnaie.  Ce sont pour les CER, en Afrique de l’ouest (CEDEAO), en Afrique centrale (CEEAC), en Afrique Subsaharienne (CEN-SAD), en Afrique de l’Est (COMESA, EAC, IGAD, SADC), en Afrique du nord (UMA) et pour les CESR, en Afrique de l’ouest (Uemoa, Mru), en Afrique centrale (Cemac, Ceplg, Sacu), en Afrique du sud (COI).

 

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Selon une étude de Jacques Imbernon et Denis Pesche pour Atlas Nepad « les États cherchent à accroître leur poids dans les négociations internationales à l’heure de la mondialisation. La complexité des processus de développement et des questions environnementales, leurs caractères transfrontaliers et la multiplication des situations de tensions et de conflits poussent aussi les États à coopérer dans des espaces régionaux en construction. L’intégration africaine a connu un nouvel élan en 2002 avec la transformation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en Union africaine (UA). Mais les organisations régionales en Afrique restent nombreuses et forment une architecture complexe et dynamique. Ces organisations se chevauchent et certains pays appartiennent à plusieurs organisations, comme la République démocratique du Congo à la Ceeac, au Comesaet la SADC ou l’Ouganda au Comesa, à l’Igad et à l’EAC. Cette complexité alourdit parfois les actions de coordination, chaque organisation appliquant des normes et des modalités de contrôle différentes, comme l’Uemoa et la Cedeao ».

Philippe Kouhon, envoyé spécial à Addis Abeba

Dernière modification le 26/01/2018
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Philippe Kouhon

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