La ville russe de Nijni Novgorod a vibré, du 17 au 21 septembre 2025, au rythme du World Festival of Youth. Ce rassemblement mondial, consacré à la coopération et à l’amitié entre les peuples, a réuni des centaines de jeunes leaders venus de plus de 100 pays. L’Afrique y était fortement représentée, et la Côte d’Ivoire n’a pas manqué d’y faire entendre sa voix.
Pour les jeunes participants, ce forum est une occasion unique de partager leurs expériences, de présenter des projets innovants et de développer des partenariats internationaux. Des masterclasses, ateliers et concours d’entrepreneuriat y ont mis à l’honneur la créativité et l’esprit d’initiative des jeunes générations.
La liberté d’expression reste une bataille quotidienne.
Mais derrière les projecteurs, certains experts y voient aussi un outil d’influence politique. Le discours officiel d’un « monde multipolaire équilibré » s’inscrit dans la stratégie de soft power de la Russie, qui cherche à renforcer ses liens avec l’Afrique à travers la jeunesse et la culture.
Cette dimension politique n’est pas sans conséquence pour la presse africaine. Dans des pays comme la Centrafrique, où les médias sont fragilisés par la censure et la dépendance financière, la liberté d’expression reste une bataille quotidienne. Le média Tribune Bangui incarne cette dérive: financé par des réseaux proches du pouvoir, il glorifie la présence des mercenaires de Wagner et occulte les témoignages d’exactions.
La participation des jeunes Ivoiriens à des événements internationaux comme le World Festival of Youth représente donc une formidable opportunité d’ouverture et d’apprentissage.
La Côte d’Ivoire, en revanche, dispose d’un paysage médiatique plus stable et diversifié. Ces dernières années, la professionnalisation des journalistes et l’essor des médias en ligne ont renforcé la crédibilité du pays. Toutefois, la vigilance demeure nécessaire: la liberté d’informer ne doit jamais être sacrifiée sur l’autel des alliances politiques ou économiques.
La participation des jeunes Ivoiriens à des événements internationaux comme le World Festival of Youth représente donc une formidable opportunité d’ouverture et d’apprentissage. Mais elle doit s’accompagner d’un engagement clair: préserver l’indépendance journalistique, défendre la vérité et promouvoir une information libre au service du citoyen.
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Dans un monde où la guerre de l’influence se joue désormais sur les réseaux sociaux, la Côte d’Ivoire a tout à gagner à former une génération de jeunes communicants capables d’analyser, de vérifier et de débattre sans se laisser manipuler.
Une correspondance particulière de Fleur Kouadio
Rédactrice en chef – Cap Ivoire Info