La République de Guinée, comme les autres pays du monde, a commémoré la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, mercredi 25 novembre 2015. Pour cette première édition dans le pays, le collectif des filles et femmes « Ne touche pas à ma sœur » a organisé une conférence-débat à Conakry.
Des problèmes que rencontre la couche féminine, ses craintes et les facteurs sociaux ont été abordés. Selon des statistiques données par la gendarmerie et la police qui reçoivent des plaintes de cas de viol, 182 de cas ont été enregistré depuis janvier à l’OPROGEM et 70 cas de viol sur mineurs au niveau de la division, protection des enfants et du genre à la gendarmerie.
Réactions !
Madame Fatoumata Binta Sow, présidente de l’ONG FECIDE, membre du CA de la Coalition des Femmes Leaders de Guinée (COFEL) déclare : « Les violences faites aux femmes sont une violation notoire des droits de l’Homme. Nous femmes, devons briser le silence. Si nous les femmes, nous n’osons pas ou nous ne voulons pas dénoncer ce qui nous arrive, les autres ne peuvent pas nous aider. Ils ne peuvent pas nous sauver. Je lance un appel aux victimes et aux familles des victimes d’oser. Maintenant qu’il y a un début de réveil, il ne faut pas arrêter le combat ».
Mme Koïvogui Dorcas Néma Dicené, Présidente nationale de la structure REPSPEC déclare : « Ce combat est pour nous tous. Il incombe aux ONG, aux défenseurs des droits de l’Homme, aux autorités guinéennes et à tous les guinéens. Si aujourd’hui quelqu’un dit que ça ne l’intéresse pas , peut être demain c’est sa sœur qui sera battue ou violée. Peut être sa nièce, ou une autre de sa famille. J’exhorte à ce qu’on se donne la main pour pouvoir éradiquer cette pratique de violences faites à l’égard des femmes. Nous appelons tout le monde à s’impliquer dans la lutte contre les violences faites aux femmes pour que nous puissions avoir une société où il fait bon vivre ».
Adjudant Bernard Tinguiano, chef division, protection des enfants et du genre à la gendarmerie nationale : « J’interpelle les hommes pour leur dire d’arrêter d’exercer la violence sur les femmes. La femme n’est pas faite pour être violentée. Un jour, quelqu’un m’a dit qu’on viole les femmes à cause de leur façon de s’habiller. Je lui ai répondu, « mais on viole aussi les petites filles ». Il faut que ça s’arrête. Je demande aux femmes d’oser dénoncer aussi. Parce que pour lutter contre quelque chose, il faut qu’on en parle. Soyez rassurés que la division protection des enfants et du genre de PM3 de la gendarmerie est à la disposition de la population pour réprimer avec la dernière énergie toutes les formes de violences faites aux femmes ».
Mme Jeanne Lamah, membre de l’office de protection genre, enfants et meurs : « À mes chères mamans et à toutes les femmes de Guinée, je les invite à faire une prise de conscience. Il faut qu’on brise ce silence. C’est vrai, toutes les femmes sont victimes de violence à des degrés divers. Qu’elles sachent qu’il existe aujourd’hui des instruments juridiques pour les défendre. Osons dire ce que nous sommes victimes en famille, au travail, au centre de la société. On a parlé de violence économique et physique, mais il y a des violences psychiques qui se passent entre nous. Essayons de briser ce silence en dénonçant les auteurs ».
Aliou BM Diallo