À quelques heures de la fête du ramadan, l’ambiance est bon-enfant dans certains salons de coiffure à Conakry, avec la ruée est palpable . Au salon de coiffure dénommé ‘’Un jour’’ dans un quartier populaire de Conakry, une dizaine d’enfants font la queue. Ils attendent leur tour pour se rendre beau le jour j. Dans cet endroit , on trouve deux chaises pour les clients en train d’être coiffés et un long banc en bois pour ceux qui attendent.
Là, on coiffe de jeunes garçons, et on lave la tête de filles. Le chef du salon visiblement content, nous reçoit avec un léger sourire. « Désolé, nous n’avons pas de places d’abord. Veillez patienter un peu dehors », dit Alphonse Lamah, croyant que nous sommes venus nous faire coiffer.
« J’ai enregistré quand même au minimum 50 personnes qui sont venues pour la coiffure ou laver leur tête », a-t-il estimé. Chez lui, la coiffure varie de 3000 à 5000 francs guinéens (0,35 à 0,59 euros), selon le modèle. Le lavage des cheveux est fixé à 3000 GNF.
Un peu plus loin, chez “Bouba coiffure” , l’ambiance est différente . Le propriétaire de ce salon trouve les raisons de l’absence des clients ailleurs : « Vous savez en ce moment les gens n’ont pas d’argent. Avec la conjoncture actuelle, ils préfèrent chercher à manger que de venir se faire coiffer ».
Un jeune rencontré près de ce salon soupire : « Il ne peut pas avoir des clients parce qu’il est cher. Chez lui, il faut débourser 5000 francs pour juste couper des cheveux, les gens ne sont pas fous ».
Chez Pé-né-Coiffure, Mme Marie Sagno est maîtresse dans un salon. Chez elle, seule la junte féminine tresse et lave la tête. Il est 15 heures ce jeudi 16 juillet 2015. À la devanture du salon, quatre filles se font tresser par des employées du salon Pé-né.
La maîtresse du salon n’est pas très satisfaite de l’affluence : « Le temps est dur, il n’y a pas d’argent. Les gens ne viennent pas comme par le passé. On sort de chez nous pour venir s’asseoir, mais on ne gagne pas. Les clientes qui viennent disent qu’elles n’ont pas d’argent. On discute très longtemps avant de s’accorder sur un prix ».
Une tête se tresse entre 10 000 à 50 000 francs guinéens (1,19 euros à 5,95 euros), selon le modèle de coiffure et la grandeur de la tête.
« Ça dépend aussi des clients qui viennent. Si on voit que la personne a un peu d’argent, on augmente aussi le prix, si elle n’a rien, on va diminuer », précise le numéro du salon de beauté.
Selon elle , l’approche de la fête n’a pas changé grand-chose. « On peut avoir entre dix et 20 personnes qui viennent ici à l’approche de la fête. Mais si ce n’est pas la fête, parfois on vient passer toute la journée ici sans une personne. Comme ça, si quelqu’un vient nous demander de le tresser avec 5000 GNF, on est obligé d’accepter parce qu’il faut gagner à manger aussi ».
Aliou BM Diallo, à Conakry