De nouvelles manifestations ont eu mardi 30 juin 2015 à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), au Benin. Selon Anselme Degbey, secrétaire général d’un syndicat estudiantin, le recteur Brice Sinsin a invité les étudiants à un dialogue dans l’amphithéâtre Houdégbé.
Il ajoute qu’après son exposé, le recteur a refusé que les étudiants posent librement des questions. Cette refus a alors poussé les étudiants à de nouvelles protestations.
« Les forces de l’ordre sont allées jusqu’à arrêter notre président dans son bureau au premier étage », a dit le secrétaire de la Fneb (Fédération nationale des étudiants du Bénin) , qui a ajouté que les sessions de rattrapage restent et demeurent un droit que les autorités du campus doivent leur restituer.
[ La version du recteur Brice Sinsin, joint au téléphone par Afrikipresse.fr ]
« À la suite des grèves qui ont paralysé le campus, nous avons eu de dures négociations avec les enseignants qui ont finalement accepté contextualiser les délibérations de cette année pour le premier semestre , mais de façon exceptionnelle cette année. Les étudiants eux mêmes devaient pouvoir le constater , avec joie à travers les délibérations. Cela va permettre aux enseignants de rétablir la confiance qu’ils semblent avoir perdue avec les étudiants. Nous avons discuté avec tous les chefs départements pour qu’ils puissent accepter ces engagements. C’est à partir de là que nous avions voulu restituer aux étudiants les résultats de nos négociations, en les conviant à la rencontre au niveau de l’amphi Houdégbé. On croyait si bien faire ! Le doute persistait dans leur tête chaque fois ,alors que nous étions en train de leur parler, au point où la séance a été arrêtée à plusieurs reprises. Nous leur avons demandé d’écouter au moins ce que nous avons à leur dire , et nous avions poursuivi notre séance jusqu’à la fin. Ils ont voulu prendre la parole, et nous leur avons demandé de désigner en leur sein un porte-parole. Ils ont dit à travers leur porte-parole qui était le président de l’Uneb (Union nationale des étudiants du Bénin , Ndlr ) qu’ils veulent le système d’avant les réformes où on commençait l’année en mars-avril et on la finissait en février de l’année suivante. Nous étions déçus pour avoir entendu cela, malgré tout ce que nous sommes en train de faire pour hisser l’Uac au rang des grandes universités d’Afrique. Ils ne peuvent pas se réfugier derrière une grève pour avoir des points gratuits. Avec tout ce que nous leur avons proposé comme arrangement, s’ils ne comprennent pas, objectivement, je ne sais plus ce qu’on peut pour eux. Nous en notre temps, nous nous sommes battus très fort pour avoir nos diplômes, et pour mériter notre place. Nous ne voulons pas former des cadres approximatifs, sachant que demain ils peuvent être des dangers pour la République ! C’est suite à l’échec de la séance de restitution de ce soir, que leur manifestation a repris. Et puisque que les forces de l’ordre ne peuvent pas les encourager à détruire dans leur mouvement, des édifices publiques, les échauffourées ont commencé. Ce qu’ils oublient, c’est que s’ils allaient aux examens dans toutes les conditions, ce sont les mêmes enseignants à qui ils s’opposent qui vont proposer les sujets d’examen, qui vont encore corriger les copies ! Le ministre de l’enseignement supérieur et moi ne pouvons pas grand-chose face à une décision prise par l’ensemble des professeurs »
Ariel Gbaguidi