Samedi 5 juillet 2017, le village de Dakpadou dans le département de Sassandra (250 kilomètres au sud-ouest d’Abidjan) s’est réveillé avec une grande tristesse. Azizo, l’enfant de 8 ans de Gbalé Bénédicte a rendu l’âme pendant la nuit empoisonné par dame Ange.
[ La mère raconte ]
“ Hier nuit, vers 22 heures (vendredi 4 juillet, ndlr), nous étions en train de suivre un film à la télévision. J’ai vu mon fils se lever et sortir de la maison. J’ai pensé qu’il allait faire pipi. Au bout de 10 minutes, ne le voyant pas revenir, je sors le chercher. Un tour de la cour, point de mon fils. Je l’appelle alors; Azizo, Azizo. Je reconnais sa petite voix qui me répond depuis la petite broussaille qui jouxte notre cour. Affolée, je crie à ma mère: ils sont en train de partir avec mon enfant. Mon oncle, ma mère, mes frères et moi, nous dirigeons vers l’endroit d’où venait la voix de mon fils. Nous parlons avec lui, il nous répond du fond d’un puits abandonné. Mon père et mes frères réussissent à l’en sortir. Il nous explique qu’il y’a été balancé par la maman de Davido (Ange). Alors qu’il nous expliquait ce que lui avait fait la dame, on a senti une odeur sortir de sa bouche. C’est en moment qu’il nous a dit qu’elle lui a fait boire un liquide blanc qu’elle lui a présenté comme du lait. On lui a fait boire de l’huile rouge pour l’amener à vomir. Puis, nous l’avons amené au dispensaire du village. Après quelques interventions du médecin, celui-ci décide de transférer mon fils sur la ville de Sassandra. Une fois à Sassandra, avant même d’avoir fini de remplir les premières formalités, mon fils a rendu l’âme“, raconte Gbalé Bénédicte la voix nouée par la douleur, le cœur étreint par la colère, les yeux embués de larmes.
Réfugiée chez le pasteur des Assemblées de Dieu du village, (les parents l’y ont conduit pour éviter d’autres événements malheureux), elle se demande pourquoi cette dame avec qui elle n’avait jamais eu d’histoire, avec qui elle n’avait jamais eu de mauvais commerce, s’est acharnée sur sa progéniture.
[ A la recherche des raisons cet acte ]
Gui Feaka, un des notables du chef du village pense qu’il s’agit d’un vaste réseau de malfaiteurs qui sévit dans le village. Il explique que depuis quelques mois, c’est le troisième mort suspect. “Tout à commencé, raconte-t-il, par un monsieur Dja Bi mort assassiné dans une chambre d’hôtel à Abidjan. On se rappelle qu’après sa mort, quelqu’un nous avait appelé de son numéro pour nous demander de lui verser une rançon. Quand nous avons demandé à parler à notre frère, il a coupé. C’est plus tard que nous avons appris l’assassinat de Dja Bi. Avant lui, il y’a deux mois, un jeune baoulé de 15 ans à peine, a disparu. On le recherche depuis en vain. Dans la même famille où le petit Azizo vient d’être tué, une jeune dame est morte, elle aussi empoisonnée. Je pense que c’est un vaste réseau qu’il va falloir démanteler”.
Dame Ange a été mise aux arrêts par la gendarmerie de Sassandra. Dans son domicile perquisitionné , la boite de médicaments qui aurait servi à préparer la mixture mortuaire, a été saisie. En attendant que l’enquête situe les responsabilités et révèle les intentions de la présumée empoisonneuse, c’est la grande consternation dans le village de Dakpadou.
Chris Monsékéla