Charles Pasqua, un ami de l’Afrique, vient de décéder à l’âge de 88 ans. Ce petit-fils de berger corse, engagé dans la résistance à l’âge de 16 ans, admirateur de de Gaulle, devenu député, sénateur, ministre, cultivait une certaine idée de la France.
Entre Charles Pasqua et l’Afrique, il a toujours existé des liens d’amitié solides. Pasqua n’était pas un homme de bavardages et de circonvolutions diplomatiques. Il savait être direct.
Dans des périodes troublées par des enjeux géopolitiques et géostratégiques complexes, Charles Pasqua, qui souhaitait avant tout préserver les positions de la France, ne voulait pas que son pays manque à l’appel de l’Afrique. Il était, dans le droit fil de l’action de Jacques Foccard, l’homme politique français le mieux à même de jouer un rôle en Afrique. Certes, il lui a été reproché de vouloir conserver l’héritage d’une FrançAfrique constamment dénoncée.
Lorsqu’il est ministre de l’Intérieur, la place Beauvau devient un lieu de passage obligé pour de nombreux Chefs d’États africains. Gaulliste de la première heure, Pasqua rêvait de renouer avec une vision gaullienne de la géopolitique africaine. Pasqua, homme pragmatique, mènait en Afrique sa propre diplomatie, souvent contre les décisions du Quai d’Orsay. Il dénonçait encore récemment les offensives économiques chinoise et américaine en Afrique, reprochant à la France de ne pas conduire sur le continent une politique suffisamment claire.
Nicolas Sarkozy et François Hollande, voulant tenir un «discours de franchise», ont considérablement affaibli les positions de la France.
Depuis, il y a eu, pour Hollande, le Mali, la Centrafrique, Boko Haram. François Hollande, qui s’est converti à un plus grand réalisme, s’est mué en chef de guerre et il entreprend une tournée africaine qui le conduira au Bénin, en Angola et au Cameroun.
Pasqua est sûrement en train de sourire dans sa tombe: Hollande, chef de guerre en Afrique ! Hollande en Angola et au Cameroun ! Mais, la France a souvent géré en Afrique, ces dernières années, une politique à court terme, se contentant de vouloir régler des crises successives.
Ch. G.