Opinion

Ukraine : les Africains piégés entre fausses promesses et exploitation russe

Par La Rédaction27 novembre 2025

Le décès de Michel Tchinda, Camerounais de 27 ans, tué sur le front ukrainien après avoir été recruté en Russie sous prétexte d’un emploi civil, a provoqué une onde de choc en Afrique centrale. Mais son histoire n’est pas isolée: elle illustre une stratégie russe désormais bien documentée d’exploitation de jeunes Africains pour soutenir l’effort de guerre de Moscou.

Selon les autorités ukrainiennes, 1 400 Africains originaires de 36 pays ont été intégrés dans l’armée russe ces derniers mois. Les méthodes employées sont systématiques: promesses d’emploi, visas facilités, contrats opaques… jusqu’à ce que les recrues se retrouvent déployées dans les fameux “assauts viandes”, ces offensives où les pertes sont massives.

Le ministère kényan des Affaires étrangères confirme que plusieurs de ses ressortissants ont été « trompés par des recruteurs » avant d’être envoyés sur le champ de bataille. En Afrique du Sud, 17 citoyens ont appelé à l’aide après avoir découvert qu’ils servaient dans un groupe armé sans l’avoir voulu. Les témoignages se multiplient, décrivant un système où les Africains servent de boucliers humains, tandis que les soldats russes restent en retrait.

Le Kremlin sait cibler les plus vulnérables

Cette exploitation prend aussi une forme industrielle. Le programme Alabuga Start, censé offrir aux jeunes femmes une formation professionnelle, s’est révélé être une plateforme de recrutement forcé pour les usines de drones Shahed-136. Les conditions de travail y sont décrites comme dangereuses: produits toxiques, longues heures, salaires dérisoires et frappes ukrainiennes visant directement les sites de production. Plusieurs pays africains ont ouvert des enquêtes pour traite d’êtres humains.

Pourquoi tant d’Africains sont-ils pris au piège ? Parce que le Kremlin sait cibler les plus vulnérables: jeunes en quête d’opportunités, diplômés sans emploi, militaires tentés par un avenir meilleur. Résultat: certains pays, comme le Cameroun, voient leurs propres forces de sécurité fragilisées et ont dû restreindre les déplacements des soldats.

La mort de Michel Tchinda révèle un système qui instrumentalise la détresse africaine à des fins militaires. Face à cette réalité, ONG, gouvernements et diplomates appellent les jeunes du continent à la prudence. En Russie, les emplois “rêvés” se transforment trop souvent en pièges mortels.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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