Opinion

Transformation du cacao et de la cajou: la Côte d’Ivoire affirme son ambition industrielle

Par La Rédaction9 décembre 2025

L’agro-industrie ivoirienne connaît une accélération notable, portée par une volonté politique de réduire la dépendance aux matières premières brutes. Les filières cacao et cajou, essentielles à l’économie nationale, illustrent parfaitement cette transition confirmée par les données de la Banque mondiale, du Trade.gov et de plusieurs rapports internationaux.

La transformation de la noix de cajou est aujourd’hui l’un des plus grands succès industriels du pays. En moins d’une décennie, la capacité nationale est passée de 68 515 tonnes en 2015 à environ 350 000 tonnes en 2024 (Banque mondiale, 2025). Une évolution qui a permis la création de plus de 18 000 emplois, majoritairement féminins, et une augmentation spectaculaire des exportations d’amandes, qui atteignent 72 000 tonnes (+52 % en 2024), selon Ecofin.

La transformation de la noix de cajou est aujourd’hui l’un des plus grands succès industriels du pays.

Le cacao reste un pilier, mais sa transformation locale progresse plus lentement. Bien que la Côte d’Ivoire dispose d’importantes capacités industrielles, la majorité des fèves continue d’être exportée brutes. Les nouvelles réglementations internationales imposent désormais une traçabilité stricte pour lutter contre la déforestation, un défi encore en cours de mise en œuvre (Le Monde, 2025).

Des noix de cajou en sachet. © DR

Pourtant, l’enjeu économique est majeur. Le Trésor français souligne que l’augmentation de la transformation locale permettrait de capter une valeur ajoutée considérable, tout en renforçant la résilience des producteurs face aux fluctuations du marché.

Les nouvelles réglementations internationales imposent désormais une traçabilité stricte

La Côte d’Ivoire se positionne donc à un tournant stratégique: consolider la montée en puissance de la transformation du cajou, tout en accélérant celle du cacao. Les progrès sont réels, mais les défis restent importants: investissements industriels, formation, accès aux intrants, certification, compétitivité à l’export.

Le dynamisme actuel montre une volonté claire de faire de l’agro-industrie un moteur central du développement ivoirien et un levier de croissance durable pour les décennies à venir.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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