En marge de la 7e édition du Salon International de l’Agriculture et des Ressources Animales d’Abidjan (SARA 2025), qui se tient actuellement au Parc des Expositions d’Abidjan, le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) a initié, ce lundi 26 mai 2025, une conférence autour du thème : « Quels sont les défis du CNRA en matière de transfert de technologies aux filières agricoles, en particulier pour les jeunes et les femmes ? »
À cette occasion, la conférencière principale, Docteure Louise Akanvou, a levé le voile sur les principaux obstacles auxquels le CNRA fait face dans le processus de transfert de technologies pour le développement agricole. Parmi les défis évoqués, elle a noté des pratiques encore trop isolées, une difficulté persistante dans l’identification de partenaires, et un besoin accru de financement.
La mission du CNRA, rappelle-t-elle, est de développer des technologies destinées à faire progresser l’agriculture. Mais pour qu’elles aient un réel impact, il est impératif d’en assurer le transfert. Or, ce processus reste semé d’embûches.
Selon Dr Akanvou, un transfert efficace nécessite de rompre avec le travail en vase clos. « L’État nous soutient déjà, mais il est impératif de prendre en compte la demande du marché dès le départ. Il n’est plus acceptable de se cantonner à un laboratoire pour développer des technologies. Nous devons comprendre les besoins réels : un cacao qui ne produit que 3 tonnes n’est plus suffisant. Il faut développer des cabosses résilientes à la sécheresse, intégrer l’agroforesterie et augmenter la productivité des cultures vivrières, tout en répondant aux exigences du marché », a-t-elle préconisé.
Sur la question de l’identification des partenaires, elle a précisé que le CNRA travaille en synergie avec plusieurs organisations de vulgarisation afin de mieux informer les acteurs agricoles sur les technologies disponibles et leurs usages.
« Bien que le CNRA ait contribué à la création de l’ANADER, cette structure ne peut pas tout gérer seule. Aujourd’hui, nous collaborons avec des ONG et diverses entités de vulgarisation pour assurer la diffusion des innovations. Il s’agit notamment de la mise à disposition de matériel végétal, de l’accompagnement à l’utilisation des technologies de production, ou encore de la lutte contre les bioagresseurs. Mais beaucoup de producteurs ne savent ni lire, ni écrire, ni utiliser Internet. D’où l’importance de l’inclusivité dans notre démarche ».
Enfin, concernant le financement, Dr Louise Akanvou a lancé un appel fort non seulement à l’État, mais aussi à tous les partenaires du CNRA. « Il nous faut des partenariats solides, des projets co-construits, des conventions utiles et des thématiques d’intérêt commun », a-t-elle exhorté.
Faut-il dire, le Sara 2025, le grand rendez-vous de l’écosystème agricole africain, se tient du 23 mai au 1er juin sous le thème : « Quels systèmes de transformation agro-alimentaire pour la souveraineté alimentaire en Afrique ? »
JM