Afrique

Togo: Des opinions divergentes sur le rôle de la France dans la crise post-électorale au Gabon.

Par Charles Kouassi2 septembre 2016

Encore une fois l’Afrique Francophone s’illustre négativement aux yeux du monde avec des violences post-électorales au Gabon. La France, ancienne métropole du pays n’a pas mis du temps pour prendre parti dans cette crise. Cette prise de position de la France alimente le débat au Togo.

L’annonce mercredi 31 août 2016 de la réélection d’Ali Bongo Ondimba à la présidence de la république, et les violences meurtrières nées de la contestation des partisans de Jean Ping, candidat malheureux battu avec moins de 5600 voix, ont suscité plusieurs réactions à travers le monde, dont celle de la France, ancienne puissance coloniale du Gabon. La prise de position nette du parti socialiste au pouvoir en France en faveur du candidat Jean Ping, avant même la proclamation des résultats divise l’opinion au Togo. Pour certains, cette prise de position était opportune et même insuffisante.

« La Franceafrique continue malgré la mort de Foccart, mais je dis que la France n’a pas joué son rôle. Le parti socialiste peut aller au-delà du simple communiqué. », estime Ambroise Kpondzo, le directeur de publication du Journal The Guardian. Même position pour Thomas N’Soukpoé, le président du parti, Bloc d’Action pour le Changement, BAC.

« Nous savons que la France a eu à jouer un rôle en Côte d’Ivoire, quand il s’est agit de l’élection présidentielle entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. C’est dans ce sens que nous, nous voyons que la France peut encore intervenir au Gabon », a-t-il déclaré.

L’intervention de la France dans une crise post-électorale en Afrique n’est en effet pas une nouveauté. Mais très souvent, ce sont les africains eux-mêmes qui appellent la France à la rescousse. Dans la situation actuelle du Gabon, des opposants ont appelé par courrier la communauté internationale à intervenir. Ce qui donne raison à Pasteur Edoh Komi, le président du mouvement Martin Luther King, une organisation de la société civile togolaise, qui estime que « ce sont les dirigeants africains qui prêtent le flanc à la France et cela semble être difficile aujourd’hui de s’en sortir ».

Il est temps pour d’autres que l’Afrique parvienne à régler ses propres problèmes sans l’ingérence d’une quelconque puissance extérieure. « Quand ça nous arrange, on dit qu’il faut que l’Occident vienne déloger. Le Gabon est un Etat souverain et les seules personnes habileté à prendre leur responsabilité face à ce hold up, c’est les Gabonais eux-mêmes. », selon Loïc Lawson, le directeur de publication du journal Flambeau des Démocrates.

En attendant le dénouement de la situation au Gabon, avec ou sans la France, les supputations continuent, les morts aussi.

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