« L’Afrique a un grand besoin de la technologie géospatiale pour son développement. Figurez-vous qu’elle dépense 400 milliards de FCFA pour s’offrir ces services. Sur cette manne financière, seuls 5 milliards vont à des opérateurs du secteur installés sur le continent. Et tenez-vous bien, de ces acteurs installés sur le continent, moins de 5% sont africains. La Commission de l’Union africaine juge cela inconcevable », a lancé l’expert spécial ivoirien de la Commission de l’UA, dans son intervention à la Conférence inaugurale. Le thème de l’édition 2021 de AfricaGIS est “Innovation et science géospatiale pour le développement durable et la croissance de l’Afrique“.
Il a appelé les pays du continent à un réveil pour accompagner les recherches dans le domaine, et les étudiants, à une volonté plus affirmée dans le secteur, tout en précisant que le domaine de la télévision reste le plus sollicité.
André Nonguierma, représentant la Commission économique pour l’Afrique des Nations-Unies (CEA), a abondé dans le même sens. La Côte d’Ivoire étant le pays hôte de cette édition, l’expert Burkinabè a spécifiquement invité le gouvernement ivoirien à soutenir financièrement les entreprises du secteur.
« Il n’y a pas de développement sans connaissance. Cette connaissance ne prend de la valeur que quand elle est représentée dans le contexte spacial. (…) Les nations les plus développées dans le monde sont celles qui disposent aussi de la technologie géospatiale les plus avancées. (…) Je pourrais multiplier indéfiniment les exemples de la vie courante où cette technologie fait partie de nous-même, même lorsque nous ne le savons pas ou ne la percevons pas. Malheureusement en Afrique, cette technologie ne suscite pas l’intérêt politique. Pourtant, ce sont les outils fondamentaux dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de développement. (…) Je voudrais faire le plaidoyer auprès du gouvernement, de continuer à soutenir les structures nationales chargées des questions géospatiales, en leur donnant les moyens financiers, pour qu’elles puissent travailler ensemble », a-t-il appelé.
La ministre ivoirienne du plan et du développement, Nialé Kaba, représentait le Premier ministre, Haut parrain de la cérémonie. Elle était accompagnée d’autres membres du gouvernement au nombre desquels Bruno Nabagné Koné, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, ou encore Moussa Sanogo, ministre du Budget et du portefeuille de l’Etat.
Nialé Kaba a promis de faire un rapport fidèle au Premier ministre. « Le message à l’attention du Premier ministre, en ce qui concerne la nécessité de la cartographie, sera transmis. (…) Le gouvernement ivoirien a commencé à investir massivement dans la production de données statistiques de qualité », a-t-elle assuré.
J-H Koffo