L’attachement de Tidjane Thiam à la France et à sa nationalité française ravive des tensions au sein du PDCI, où certains redoutent une éventuelle inéligibilité. Ils voient aussi ressurgir le spectre de l’ivoirité, spectre longtemps mis de côté au profit du présumé ancrage baoulé de Thiam. Pourtant, ce “petit-fils d’Houphouët”, loin d’être un héritier incontesté au sein de son parti, n’a pas fini d’être l’homme des ambiguïtés.
Par ailleurs, cette situation exaspère des “souverainistes et quelques anti-français” de la Côte d’Ivoire, l’AES et d’une partie de l’Afrique, qui peinent à comprendre comment Tidjane Thiam a pu se positionner comme un homme de la rupture avec la France et la Françafrique, tout en conservant son passeport français
en poches ???
Quelle souveraineté peut-il aider son pays à avoir dans ce contexte, alors qu’il lui est arrivé de faire semblant de critiquer la vision de l’occident et des pays développés sur le développement de l’Afrique ? Ces souverainistes estiment que son comportement n’est pas conforme à son discours.
Contrairement à Kemi Seba, qui a fait le choix radical de renoncer à la nationalité française, ces souverainistes affirment constater que Tidjane Thiam éprouve des difficultés à s’en détacher. Ils ajoutent que personne ne lui d’être Kemi Seba, mais, tout de même… Quel est donc cet attachement à la France que même Michel Gbagbo, fils métis d’une mère française, n’a jamais affiché , ni osé , s’interrogent ceux qui ont parlé ?
La question des documents d’identité : un autre imbroglio administratif ?
Selon des sources, Tidjane Thiam pourrait à l’avenir passer par une audience foraine ou une décision judiciaire pour établir des documents d’identité du côté maternel, en vue de l’obtention de son certificat de nationalité ivoirienne.
En effet, son passeport ivoirien a été obtenu à Paris. Puis à Abidjan son certificat de nationalité et son enrôlement à la CNI pour son inscription (ou mise à jour) sur la liste électorale, alors qu’il n’a présenté aucun document attestant de la nationalité de l’un de ses parents, notamment sa mère.
Après 23 ans passés à l’étranger en tant que Français, sans avoir eu besoin de la nationalité ivoirienne, peut-il encore disposer des documents d’identité de sa mère, disparue il y a 41 ans, alors qu’il n’avait que 21 ans ?
Il est à espérer que les autres frères et sœurs Thiam puissent fournir les pièces nécessaires, car, le Conseil constitutionnel pourrait exiger ces documents dans le cadre d’une candidature à la présidentielle.
Enfin, cette affaire soulève un autre débat : en Côte d’Ivoire, de nombreuses personnes âgées vivant dans leurs villages, 100 % ivoiriennes de naissance, ne possèdent aucune pièce d’identité pour X ou Y raisons. Cela ne remet pourtant pas en cause leur nationalité.
Alors, Tidjane Thiam sera-t-il concerné par cette problématique qui touche plusieurs ivoiriens ou restera-t-il un cas à part avec une tolérance administrative et /ou judiciaire ?
Le temps nous le situera certainement dans une Côte d’Ivoire où être acteur politique donne accès à tous les droits et même à une immunité devant la justice.