Opinion

Tentative de putsch au Bénin: comment les réseaux pro-Russie et pro-AES ont orchestré une offensive numérique

Par La Rédaction10 décembre 2025

Le 7 décembre, un petit groupe de militaires dirigés par le lieutenant-colonel Tigri a brièvement secoué le Bénin. Leur objectif était d’instaurer un “Conseil militaire pour la refondation”. L’initiative a pourtant tourné court. En moins de deux heures, l’ordre républicain avait été rétabli. Mais pendant que l’armée béninoise neutralisait les mutins, un autre front, moins visible mais tout aussi décisif, s’ouvrait sur les réseaux sociaux.

Dans les minutes suivant l’apparition télévisée des putschistes, des comptes influents pro-AES ont proclamé la “réussite” de l’opération. Une synchronisation quasi parfaite, signe d’une campagne préparée plutôt que d’une réaction spontanée. Plusieurs analystes estiment que cette rapidité et cette cohérence laissent entrevoir un soutien logistique ou stratégique d’acteurs liés à Moscou.

Des comptes influents pro-AES ont proclamé la “réussite” de l’opération.

La page “Notre Bénin” illustre parfaitement cette mécanique. Très suivie par d’autres comptes pro-AES, elle a diffusé en rafale de fausses informations, parfois en usurpant l’identité de médias crédibles comme France 24. Plus surprenant encore: “Notre Bénin” est administrée depuis le Burkina Faso, selon les données publiques, et non depuis le Bénin. Une ingérence qui interroge sur le rôle du BIR-C burkinabè, structure de communication politique montée depuis 2022 avec l’aide de la Russie.

D’autres relais numériques ont utilisé des images anciennes pour fabriquer un climat de mobilisation populaire. Des vidéos de manifestations de 2017 ont été présentées comme des scènes du jour, prétendant montrer des foules “immenses” dans les rues de Cotonou. Ces scènes n’ont jamais existé.

L’échec du coup d’État ne doit donc pas masquer l’essentiel: le Bénin a été la cible d’une tentative concertée de déstabilisation numérique

Au total, l’épisode met en lumière une offensive informationnelle composée de relais burkinabè, maliens et de comptes pro-Russie, tous alignés autour d’un même narratif: faire croire que Patrice Talon avait été renversé. Ce narratif devait précéder la réalité, afin de pousser des acteurs hésitants à basculer. C’est une stratégie classique dans les opérations de manipulation politique.

L’échec du coup d’État ne doit donc pas masquer l’essentiel: le Bénin a été la cible d’une tentative concertée de déstabilisation numérique, portée par des acteurs extérieurs qui utilisent l’étiquette “panafricaniste” pour avancer un agenda géopolitique étranger. Un avertissement pour toute la région.

Une contribution particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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