Pour la première fois de l’histoire militaire africaine, un pays du continent s’est doté d’un chasseur furtif de cinquième génération. En novembre 2025, la Russie a livré à l’Algérie ses deux premiers Sukhoi Su-57E, ouvrant un cycle de livraisons qui doit s’étendre jusqu’en 2027.
Au total, 14 appareils sont attendus, faisant de l’Algérie le premier client export mondial du SU-57. Ce saut technologique s’inscrit dans une modernisation progressive des forces armées algériennes qui s’appuie depuis longtemps sur la coopération russe: aviation de chasse, défense antiaérienne, chars lourds, formation des équipages et exercices conjoints.
Au total, 14 appareils sont attendus, faisant de l’Algérie le premier client export mondial du SU-57.
Cependant, ce renforcement militaire spectaculaire intervient dans une séquence diplomatique particulièrement tendue entre Alger et Bamako. La rupture politique entre les deux voisins s’est accélérée depuis la dénonciation par le Mali de l’Accord de paix de 2015, avec en toile de fond des accusations réciproques de soutien au terrorisme et des incidents militaires aériens.
Dans ce contexte, la Russie se retrouve face à une équation complexe. Elle soutient militairement la junte malienne sur le terrain, mais intensifie simultanément sa coopération stratégique avec une Algérie qui affiche une capacité d’investissement bien plus élevée dans le domaine de la défense.
D’après plusieurs analyses stratégiques, ce déséquilibre reflète une logique pragmatique de Moscou: sécuriser un partenariat durable avec un État stable, solvable et influent dans le Maghreb, plutôt que d’investir massivement dans un pays confronté à une instabilité chronique.
La Russie soutient militairement la junte malienne, mais intensifie sa coopération stratégique avec l’Algérie
Officiellement, la Russie affirme vouloir conserver de bonnes relations avec ses deux partenaires. Mais dans les faits, le transfert d’armements de très haute technologie au seul profit de l’Algérie alimente l’hypothèse d’un glissement stratégique progressif.
Ainsi, si Bamako demeure un allié militaire de Moscou, il n’en est plus le partenaire prioritaire. Le centre de gravité de l’influence russe en Afrique semble aujourd’hui se déplacer de plus en plus nettement vers le Nord, au profit d’Alger.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info