Afrique

Sécurité alimentaire-Pr Pita Justin : « Il y a des virus qui réduisent la production d’environ 40 à 70% »

Par Yaya Kanté13 mars 2024

Pr. Pita Justin a indiqué que des maladies qui réduisent la production du manioc de 40 à 70% existent en Côte d’Ivoire. 

La Côte d’Ivoire a abrité du jeudi 7 au vendredi 8 mars 2024, un dialogue politique et technique de haut niveau, à l’effet de certifier les semences exemptes de maladies en Afrique de l’Ouest et du Centre. C’était au pôle scientifique de l’université Félix Houphouët Boigny à Abidjan-Bingerville.

Dans le cadre de la lutte contre l’incursion rapide des agents phytopathogènes transfrontaliers en Afrique occidentale et centrale, le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (Coraf) en collaboration avec le Centre régional d’excellence pour les phytopathogènes transfrontaliers (Wave en anglais) a organisé un dialogue politique et technique de haut niveau sur la certification des semences exemptes de maladies. 

Issu du projet “Biorisks” et exécuté par l’institut Wave, ce dialogue sur la sécurité alimentaire visait le déploiement et l’adoption par les pays concernés d’un plan d’actions pour contrer la propagation du virus mosaïque du manioc d’Afrique de l’est, mais également de contrôler celui du striure brune du manioc afin de maîtriser de potentielles épidémies dévastatrices des maladies virales du manioc des deux régions de l’Afrique. 

Pour le Pr. Pita Justin, directeur exécutif de Central And West African Virus Epidemiology For Food Security (Wave), en plus de la sensibilisation des paysans, il faut absolument un plan de riposte exécutable avec l’accord des décideurs politiques ; qui doivent prendre la menace au sérieux en écoutant les chercheurs pour endiguer cette menace. « Le manioc a des maladies virales. Il y a des virus qu’on a déjà chez nous qui réduisent la production d’environ 40 à 70%. Il faut un plan de riposte. C’est pour cela que nos décideurs politiques doivent prendre la menace au sérieux », a-t-il déclaré. 

Outre le virus qui détruit le manioc, Pr. Pita Justin a confié que d’autres virus ont été découverts sur le bananier et sur la canne à sucre. Ainsi avec ces changements climatiques, il faut prendre des décisions idoines pour juguler les maladies. Pour lui, les solutions pour lutter contre ces virus, c’est non seulement d’informer les paysans, mais surtout d’utiliser les semences certifiées. 

Une réunion d’alerte pour informer les décideurs 

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le directeur de Cabinet, Pr Arsène Kobéa a estimé qu’au regard des dégâts constatés en Afrique orientale ainsi que son avancée en Afrique occidentale, il est plus que nécessaire pour les chercheurs de maintenir le cap dans la recherche. Il a surtout appelé les décideurs à accompagner et financer les innovations dans le secteur agricole. 

« C’est une réunion d’alerte pour informer les décideurs, mais surtout les politiques à se mettre à disposition des chercheurs pour juguler cette maladie du manioc. C’est une réunion d’alerte pour dire que si nous ne faisons rien, ce qui est advenu en Ouganda avec une famine qui a conduit à la mort de 3000 personnes, c’est ce qui va nous arriver Nous sommes déjà en proie », a-t-il affirmé.

Touré Abdoulaye avec A. Traoré 

Légende : Des experts en réflexion sur la sécurité alimentaire 

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