Société

Santé : des participants au colloque de Conakry déclinent les enjeux

Par Dasse Claude26 novembre 2015

La Guinée est à un tournant crucial, celui d’être déclarée indemne d’Ebola. Pour arriver à bout et discuter des vaccins contre les maladies virales qui touchent la planète, des scientifiques dans le domaine médical se réunissent à Conakry pendant 72 heures. Sur les enjeux et les attentes à cette rencontre, Afrikipresse a interrogé des chercheurs et diplomates présents.


Pr Jean François Delfraissy, directeur de l’ANRS et de l’IMMI, en France

« C’est un moment important parce que c’est une avancée pour la Guinée, le dernier cas d’Ebola est à une vingtaine de jours. Il y a une série de vaccins qui existent contre Ebola, mais on n’a pas encore le vaccin définitif contre le virus. Il y a déjà un premier signe qui a été donné avec un vaccin, qui, lorsqu’il est administré aux personnes contacts qui étaient atteinte d’Ebola, a permis de réduire de façon significative le risque d’acquisition. C’est un vaccin qui protège, peut être pas à 100% mais qui réduit les risques. On a besoin des différents points de vue là-dessus, la vision à moyen termes, ce quoi les résultats ? Il y a d’autres vaccins qui doivent être étudiés par les scientifiques internationaux. Les deux enjeux de ce colloque international : comment on va situer dans le moyen terme ces vaccins, il y a aussi le problème des survivants. Il y a à peu près 1 250 survivants d’Ebola et 300 seulement en Guinée. Une série des signaux s’accumulent pour dire que les survivants vont bien. Mais il y a une série de complexité psychologique et sociologique de réintégration dans la vie sociétale et ils peuvent être dans certains cas, un réservoir pour le virus Ebola. C’est quelque chose qui tellement nouveau. On ne connaissait pas jusqu’à maintenant. On va discuter pour voir ce qui va être possible. Comment les surveiller et voir comment éliminer ce virus. Parce qu’on sait que la nouvelle contamination au Libéria a eu par voie sexuelle ».


Bertrand Cochery, Ambassadeur de France en Guinée et en Sierra-Léone

« On n’est pas quasiment sorti de l’épidémie. On est en phase d’observation. On est au jour J plus onze par rapport au dernier cas zéro. Au delà de ça, tout le travail de prise en charge et de recherche doit continuer. Pour cela, la France est engagée à travers l’institut de recherche et de développement, qui a un rôle majeur par rapport aux cohortes de patients guéris. C’est un travail de long terme, qui nécessite de mettre ensemble, sous le pilotage de l’institut de recherche et de développement, les différentes organisations qui peuvent coopérer dans le domaine de manière à ce qu’on ait une vision scientifique plus précise dans l’intérêt des patients, de la science et de la recherche médicale ; de manière à ce que l’épidémie en Guinée puisse permettre de tirer des enseignements au-delà de ce qui avait été lors des épidémies précédentes qui avaient frappé le bassin du Congo. C’est une étape que marque ce colloque. C’est celui d’une phase supplémentaire de recherche ».


Dr Marie Paul Kiny, sous directeur général à l’OMS en charge des systèmes de santé et de l’innovation

« L’OMS a travaillé en partenariat étroit avec le gouvernement guinéen pour essayer de démontrer si ce vaccin était efficace contre le virus Ebola. Fin juillet, nous avons eu le grand plaisir de constater que ce vaccin semblait être très efficace pour protéger les vaccinés contre les infections par le virus Ebola. Et depuis, nous continuons à travailler pour arriver à finaliser le paquet de résultat qu’il va falloir fournir aux autorités pour qu’elles acceptent d’homologuer ce vaccin ».

Recueillis par Aliou BM Diallo

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