Le Sahel est aujourd’hui l’une des régions les plus touchées au monde par les enlèvements liés aux groupes armés. L’enlèvement de deux ressortissants indiens, le 5 décembre près de Kobri au Mali, confirme que l’insécurité progresse plus vite que les dispositifs déployés pour la combattre.
Selon Menastream, plus de quarante étrangers ont été enlevés dans la région depuis janvier 2025. Les zones les plus affectées (Mali, Burkina Faso, Niger) sont aussi celles où les structures étatiques ont été affaiblies par les transitions militaires. Dans ce contexte, les groupes djihadistes, en particulier le JNIM, multiplient les attaques, les embuscades et les prises d’otages pour renforcer leur influence.
L’insécurité progresse plus vite que les dispositifs déployés pour la combattre
Les exactions se succèdent: chauffeurs sénégalais capturés puis relâchés, Égyptiens kidnappés, transactions financières estimées à plusieurs dizaines de millions de dollars pour la libération d’otages du Golfe. Chaque rapt devient un message politique autant qu’une source de revenus.
Les autorités de l’Alliance des États du Sahel assurent pourtant que la situation s’améliore grâce au soutien des forces russes d’Africa Corps. Mais les faits montrent l’inverse. Les populations dénoncent une série d’exactions commises entre fin novembre et début décembre: civils tués à Razelma, exécutions présumées et pillages à Tombouctou, campements incendiés près de Goundam, habitations brûlées à Ajagharome. Ces opérations suscitent un profond traumatisme dans des communautés déjà fragilisées.
Chaque rapt devient un message politique autant qu’une source de revenus
Pendant ce temps, les enlèvements continuent et les groupes armés opèrent sans rencontrer de résistance durable. Aucun succès notable d’Africa Corps concernant la libération d’otages n’a été documenté publiquement. Une situation qui interroge sur l’efficacité réelle de ce partenariat sécuritaire, souvent mis en avant par les régimes militaires.
Le Sahel semble ainsi enfermé dans un cercle vicieux: chaque enlèvement renforce les capacités des groupes armés, tandis que les exactions contre les civils affaiblissent davantage les États. Tant que les répoqnses demeureront exclusivement militaires et déconnectées des besoins des populations, la région restera en proie à une insécurité structurelle.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info