Économie

Riz local : Aboubakary Traoré présente le modèle ivoirien de transformation

Par La Rédaction28 mai 2025

À l’occasion de la Journée du riz, célébrée dans le cadre du Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales (SARA), l’Agence pour le Développement de la Filière Riz (ADERIZ) a marqué les esprits en organisant un panel. L’événement s’est tenu le mardi 27 mai 2025 au Parc des expositions d’Abidjan, dans la commune de Port-Bouët.

Le panel a réuni des professionnels du monde agricole, des responsables publics et des partenaires techniques autour du thème : « Modèle de transformation industrielle du riz en Côte d’Ivoire ». À cette occasion, Aboubakary Traoré, Directeur de l’appui à la valorisation pour l’agence, a détaillé les fondements de l’approche ivoirienne, construite autour de trois priorités : qualité, rentabilité et durabilité.

Il a rappelé qu’au début des années 1970, la Côte d’Ivoire couvrait l’ensemble de ses besoins en riz. Mais dans les années 1980, les réformes de libéralisation ont conduit à un retrait progressif de l’État. Résultat : la chaîne d’approvisionnement s’est désorganisée, laissant place à un système informel, peu structuré et peu avantageux pour les cultivateurs.

Pour répondre à ce déséquilibre, le gouvernement a lancé un modèle de production axé sur l’inclusion, l’efficacité industrielle et la relance du consommé local. L’objectif est clair : valoriser un riz cultivé sur place, capable de rivaliser avec les importations, tout en assurant une rémunération équitable aux producteurs.

Ce dispositif repose sur trois types d’installations. Il y a d’abord les unités artisanales, implantées dans les villages, mais qui produisent un riz souvent de qualité inférieure, avec des impuretés. Ensuite, les mini-rizeries, plus de 450 unités dans le pays, qui ont chacune une capacité d’environ 10 000 tonnes par an. Enfin, les usines de transformation de grande capacité : 30 unités prévues. Chaque usine peut traiter jusqu’à 25 000 tonnes de riz par an.

Mais au-delà des machines, c’est toute une organisation autour du riz local qui a été mise en place. Les usiniers-agrégateurs occupent une position clé. Ils assurent la coordination des flux, de la production jusqu’à la distribution, en lien avec les fournisseurs d’intrants, les prestataires de services agricoles et les institutions de financement.

Pourtant, malgré une capacité nationale de transformation estimée à plus de 4 millions de tonnes, moins de 10 % de ce potentiel est actuellement utilisé. En cause : le manque d’approvisionnement en paddy, c’est-à-dire le riz brut sorti des champs.

Pour inverser la tendance, l’ADERIZ mise sur la production de semences certifiées, l’extension de la mécanisation portée par de jeunes entrepreneurs locaux, et le développement de grands programmes d’irrigation pour sécuriser les récoltes. Selon les projections, ces efforts pourraient porter leurs fruits en moins d’un an.

JM

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