Opinion

Ressources minières: l’Afrique face à la stratégie chinoise d’accaparement

Par La Rédaction16 janvier 2026


La montée en puissance de la Chine dans le secteur minier africain ne relève plus du simple partenariat économique. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à sécuriser durablement l’accès aux matières premières indispensables à sa croissance et à sa transition industrielle.

Le modèle du “circuit fermé” chinois.

Présente dans les plus grands gisements du continent, la Chine contrôle aujourd’hui une part déterminante du cuivre, du cobalt, de la bauxite, de l’or et du lithium africains. Cette domination s’appuie sur des entreprises publiques et privées étroitement liées à l’État chinois, capables de mobiliser des financements massifs et d’imposer leurs conditions contractuelles.

Le modèle est bien rodé : des prêts accordés par des banques chinoises, des projets réalisés par des entreprises chinoises, des équipements importés de Chine, et un remboursement assuré par l’exportation de ressources naturelles. Dans ce circuit fermé, les économies locales bénéficient peu des flux financiers générés.

L’impact social et environnemental : Le coût humain

Les conséquences sont multiples. En RDC, la captation du cobalt s’accompagne d’un endettement croissant et d’une dépendance accrue. En Guinée, la bauxite est extraite à un rythme soutenu, au prix de lourds dégâts environnementaux, sans véritable industrialisation nationale. Au Ghana, l’exploitation aurifère illégale a provoqué une crise écologique majeure.

Les travailleurs africains paient également un lourd tribut. Accidents, conditions de sécurité insuffisantes, conflits sociaux : plusieurs sites miniers liés à des intérêts chinois ont été dénoncés par des ONG et des syndicats locaux.

Vers une renégociation des contrats miniers ?

Face à cette situation, une prise de conscience émerge. Certains États africains tentent de reprendre la main, en renégociant des contrats jugés léonins ou en exigeant une transformation locale des minerais. Mais la Chine reste le principal acteur des chaînes de valeur mondiales, ce qui limite la portée de ces initiatives.

Pour de nombreux observateurs africains, la question n’est plus de savoir si la Chine est un partenaire incontournable, mais à quel prix. La maîtrise des ressources naturelles demeure un enjeu central de souveraineté et de développement pour le continent.

Une correspondance particulière de Fleur Kouadio
Rédactrice en chef – Cap Ivoire

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires