Le 5 mars 2025, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont tenu une conférence de presse conjointe à Abidjan, marquant une étape importante dans la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Cette rencontre en marge de la visite officielle du nouveau président Ghanéen en Côte-d’Ivoire, a abordé des sujets clés tels que la coopération économique, la sécurité régionale et le rôle du Ghana dans les négociations avec l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le retour au pouvoir de John Dramani Mahama, après huit ans d’absence, a suscité un regain d’intérêt pour les dynamiques politiques en Afrique de l’Ouest. Élu en décembre 2024 avec 56,55 % des voix, il a été investi le 7 janvier 2025, devenant ainsi le premier président ghanéen à effectuer un retour non consécutif à la présidence.
Lors de sa visite en Côte d’Ivoire ce mercredi 5 mars 2025, le président Mahama a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale dans divers domaines. Il a salué les performances économiques de la Côte d’Ivoire et a proposé une collaboration accrue dans les secteurs du commerce, de l’environnement et de la lutte contre le terrorisme. Les deux dirigeants ont également discuté de la filière cacao, essentielle pour les économies des deux pays, ainsi que des défis environnementaux et énergétiques auxquels la région est confrontée.
Un point notable de cette rencontre a été la discussion sur le rôle potentiel du Ghana dans les négociations avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Malgré le retrait de l’AES de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Ghana s’efforce de maintenir des liens entre les deux organisations sous-régionales. Le président Mahama a récemment nommé un ancien chef de la sécurité nationale comme envoyé spécial auprès de l’AES, démontrant l’engagement du Ghana à promouvoir la stabilité et la coopération régionales.
La position stratégique du Ghana en tant que membre de la CEDEAO et son engagement envers l’AES pourraient faciliter le dialogue et les échanges de renseignements entre les pays de la région. Des initiatives telles que l’Initiative d’Accra, qui réunit le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo et des États de l’AES, pourraient servir de plateformes pour renforcer la coopération en matière de sécurité et promouvoir la stabilité régionale.
Enfin, la visite du président Mahama en Côte d’Ivoire et les discussions engagées avec le président Ouattara illustrent une volonté commune de renforcer les relations bilatérales et de jouer un rôle actif dans la promotion de la stabilité en Afrique de l’Ouest. La coopération accrue entre la Côte d’Ivoire et le Ghana pourrait servir de catalyseur pour des initiatives régionales visant à relever les défis sécuritaires et économiques actuels.
Philippe Kouhon