Opinion

Relations UE-UA : un panel dresse le bilan et les perspectives du partenariat

Par Yaya Kanté12 décembre 2025

« 25 ans du partenariat UE-UA : bilan et perspectives », tel était le thème d’une conférence organisée, le vendredi 4 décembre 2025, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal. L’événement qui s’est tenu dans le cadre des « Vendredis de SupdeCo », initiative de l’école de commerce éponyme, a réuni des représentants de l’UE, de l’UA, des missions diplomatiques membres de l’UA, ainsi que des experts et des universitaires. La rencontre visait à dresser le bilan d’un quart de siècle de coopération entre des deux organisations et explorer les perspectives de ce partenariat.

Parmi les participants figuraient S.E. Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’UE au Sénégal, S.E. Amadou DIOP (ex-ambassadeur du Sénégal en Belgique) et S.E. Adao Pinto, ambassadeur d’Angola au Sénégal. Les panélistes ont rappelé les fondements de cette coopération, fruit de la proximité géographique et historique entre les deux continents, et ont souligné les répercussions directes qu’engendre toute instabilité de part et d’autre.

Fondements et évolution du partenariat

Institué officiellement en 2000 à la suite du premier Sommet du Caire, le partenariat UE-UA repose sur plusieurs trois objectifs majeurs : le financement du développement, le dialogue politique entre les partenaires, et la coopération pour atteindre les objectifs communs.

Après le Sommet tenu en Angola, de nouveaux axes ont été intégrés, notamment en matière de sécurité et d’environnement, avec une vision projetée à l’horizon 2030. Ce sont des objectifs qui doivent permettre de repenser la nature du partenariat. En effet , la mise en œuvre de ces engagements demeure un véritable défi.

« les relations ne doivent plus être verticales mais horizontales »

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de prendre en compte les contraintes propres à chaque partenaire, rappelant que « en toute chose, il faut procéder par addition et non par soustraction ».

S.E. Adao Pinto a formulé plusieurs réflexions stratégiques : Repenser la nature des relations « les relations ne doivent plus être verticales mais horizontales » et faire face aux défis de la jeunesse africaine, notamment à travers des projets concrets tels que la gestion durable de l’eau dans le Sahel, qui pourrait stimuler l’agriculture et créer de nombreux emplois. Le diplomate a également encourager l’Afrique à devenir actrice de son propre destin : « L’Afrique doit être active de son destin et non passive ». Cela ne sera pas l’objet d’un miracle et c’est dans cette vision que tout Africain doit évoluer.

Une nouvelle orientation stratégique : Global Gateway

L’ambassadeur Jean-Marc Pisani a annoncé la volonté de l’UE d’imprimer une nouvelle orientation à son partenariat avec l’Union africaine, en vue de prendre davantage en compte l’industrialisation, l’innovation et la création d’emploi.

« L’Afrique doit être active de son destin et non passive »

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Global Gateway », qui mobilise 150 milliards d’euros pour des investissements sur l’énergie, les infrastructures, le numérique, la santé et l’éducation. Ces projets sont pensés pour générer des opportunités concrètes au profit des jeunes talents, chercheurs et entrepreneurs.

Un partenariat tourné vers l’avenir et la jeunesse

Les discussions ont convergé vers une conviction commune : « Un partenariat construit dans la durée doit regarder ensemble vers l’avenir. » Face à des défis partagés emploi, paix, santé, sécurité, ou encore énergie, les intervenants ont souligné que la coopération mutuelle est essentielle, car « aucun ne peut agir seul ». L’Europe demeure d’ailleurs le premier partenaire commercial de l’Afrique.

« aucun ne peut agir seul »

Particulièrement, l’implication de la jeunesse constitue désormais une priorité. Lors du dernier sommet, 200 jeunes issus des différents partenaires ont présenté leurs attentes et propositions, reflétant une volonté commune de bâtir un avenir durable et équitable.

Comme l’a résumé S.E. Jean-Marc Pisani : « Multilatéralisme, partenariat » tels étaient les maîtres mots de cette rencontre. Elle a rappelé que le destin de l’Europe et celui de l’Afrique sont intrinsèquement liés. Si le partenariat a déjà porté ses fruits, beaucoup reste encore à accomplir. Aujourd’hui, tout Africain devrait avoir conscience de son rôle à jouer et des opportunités que l’Afrique génère en termes de démographie et de stratégies.

Euphrasie DJOUGBA
Doctorante en droit public/finances publiques

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