Au-delà de l’agitation des gratte-ciels de Lagos ou des routes encombrées de Nairobi, une crise plus discrète se développe — rarement relayée par les médias, mais ayant un impact profond sur les foyers des villes africaines en pleine urbanisation.
Dans les villes africaines, être parent est devenu plus difficile. Le parent africain d’aujourd’hui doit jongler avec davantage de responsabilités, confronté aux mutations culturelles induites par la mondialisation, à la disparition des réseaux de soutien traditionnels, et aux exigences économiques croissantes.
Être parent aujourd’hui dans les centres urbains africains comporte des défis uniques à cause de l’urbanisation rapide, des pressions économiques liées au coût de la vie, et des valeurs culturelles changeantes “, affirme Ibironke O. Semowo, cofondatrice de Our Nurture Zone et organisatrice de The Parents’ Lounge.
Son travail auprès de plus de 200 familles au Nigeria véhicule un message important pour le continent : la parentalité consciente pourrait bien être l’ancrage dont les parents africains ont besoin.
Le dilemme de la parentalité urbaine
Selon Ibironke, concilier les valeurs traditionnelles et les influences modernes est l’un des plus grands défis dans les centres urbains. “
“Les parents travaillent plus dur pour subvenir aux exigences coûteuses de la vie urbaine — éducation, logement, loisirs et santé — et sont sous pression, souvent absents du foyer. “
La rupture des structures sociales qui soutenaient historiquement l’éducation des enfants ne fait qu’aggraver cette pression.
Il faut un village pour élever un enfant, mais dans le monde moderne d’aujourd’hui, ce village a été érodé. “
L’ère numérique : bénédiction et fardeau
Les parents d’aujourd’hui doivent également composer avec la montée fulgurante de la technologie. Si les outils numériques offrent de nouvelles opportunités d’apprentissage et d’ouverture au monde, ils comportent aussi de nombreux dangers.
Le paradoxe du parent moderne est d’apprendre à ses enfants à utiliser la technologie tout en leur enseignant la chaleur des relations humaines “, dit Ibironke. Elle cite des préoccupations réelles :
- La dépendance à la validation via les réseaux sociaux
- L’exposition au cyberharcèlement et aux contenus nuisibles
- L’addiction aux écrans et la réduction des interactions réelles
- Les conflits entre la culture en ligne et les valeurs traditionnelles ou religieuses
La solution, selon elle, n’est pas de rejeter la technologie, mais de former les enfants à l’utiliser de manière responsable :
On ne donne pas les clés d’une voiture à un enfant ; de la même façon, on ne devrait pas leur donner accès à la technologie sans les former à son usage et à sa sécurité. “
Qu’est-ce que la parentalité consciente ?
Ibironke la définit comme un mélange de pleine conscience — rester présent et attentif — et de parentalité intentionnelle. Il s’agit d’être émotionnellement en phase avec les besoins de son enfant et d’enseigner par l’empathie plutôt que par la peur.
La parentalité consciente vous invite à être pleinement présent dans la vie de votre enfant, et attentif à ses besoins au-delà du matériel. “
Un enfant doit obéir aux règles à partir d’une compréhension… pas d’une obéissance aveugle. “
Elle ne propose pas de rejeter les valeurs africaines, mais de les enrichir par l’intelligence émotionnelle :
Il ne s’agit pas de rejeter les valeurs traditionnelles, mais de les enrichir par la conscience émotionnelle. “
Ramener le village — un centre à la fois
Sa réponse aux besoins des parents actifs : Our Nurture Zone, un modèle de garde après l’école né de ses propres défis.
Que se passe-t-il pour les enfants durant les cinq heures critiques entre la fin des cours et la fin de la journée de travail des parents ? interroge-t-elle.
Sa solution : un environnement chaleureux où les enfants reçoivent un repas chaud, du repos, une aide aux devoirs, et des activités dirigées par des mères expérimentées.
Oui, oui, et encore oui ! Je milite pour que ce modèle soit répliqué dans les centres urbains africains… Ramener ce village que l’urbanisation nous enlève. “
Ce qu’il faut faire maintenant
Le premier pas pour garantir l’avenir des enfants africains, c’est d’aider leurs parents. Ibironke propose une feuille de route simple :
- L’éducation parentale, comme les soins prénatals, devrait être financée par le gouvernement.
- Les employeurs doivent fournir des services de garde sur site.
- Les écoles doivent organiser des ateliers parentaux trimestriels.
Les cercles de parents doivent être instaurés dans les communautés, avec des anciens comme mentors.
Sa vision à long terme : TPL apporte cette année le message de la parentalité consciente dans les écoles. L’objectif : des conférences parentales trimestrielles accessibles partout en Afrique. “
À tous les parents dépassés
À ceux qui luttent contre le doute de soi et la pression sociale, Ibironke adresse un message d’encouragement : Cher parent, tu fais du bon travail, tu es le meilleur parent pour ton enfant. Respire ! “
Elle rappelle que la parentalité est une succession d’étapes, et que les enfants ont besoin de présence, pas de perfection.
Le parent parfait est un mythe… Ton enfant a besoin d’un parent présent, prêt à apprendre et à grandir avec lui. “
Reconstruire l’Afrique, une famille à la fois
Ce sujet dépasse la simple parentalité. Il s’agit de forger une génération future émotionnellement stable et enracinée dans sa culture. Comme le dit Ibironke avec sagesse :
Élever des enfants sûrs d’eux, équilibrés et bien ancrés émotionnellement prépare le terrain pour une société plus saine, des familles plus fortes, et des adultes capables de diriger avec empathie, résilience et but. “
Le village africain a peut-être changé, mais il existe encore. Nous pouvons le reconstruire — une famille à la fois — grâce à la communauté, à la conscience et à la parentalité intentionnelle.
Dr. Vicki L. Otaruyina est coach en leadership, éditrice et stratège de marque reconnue à l’international. Connue sous le nom de The Elevation Coach, elle aide les femmes leaders et les entrepreneurs à clarifier leur mission divine, à diriger avec confiance et à bâtir des marques d’impact mondial. Fondatrice de Divine Purpose Publishing et rédactrice en chef de Divine Purpose Magazine, elle s’engage à propulser les voix africaines à travers l’édition, le mentorat et le développement de programmes transformationnels.