La récente répression migratoire de Donald Trump — un pilier de sa campagne présidentielle de 2024 — a bel et bien refermé de nombreuses portes physiques vers les États-Unis pour les Africains. En juin 2025, la Maison Blanche a annoncé l’extension de son « interdiction de voyage » à 36 nouveaux pays, dont 26 africains, sous un régime de contrôle de sécurité nationale. En d’autres termes, les trois quarts de l’Afrique (36 pays sur 54) pourraient bientôt faire face à de nouvelles restrictions de visa ou à des interdictions pures et simples.
L’équipe de Trump a donné à ces gouvernements 60 jours pour satisfaire aux exigences américaines en matière de filtrage. Faute de quoi, les consulats américains cesseraient d’émettre des visas à leurs citoyens. (D’ailleurs, 19 pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont déjà été ciblés cette année par des restrictions ou des interdictions sévères, selon Al Jazeera.) Cette vague de restrictions a suscité l’inquiétude : comme l’a noté l’Associated Press, l’administration Trump a averti « 36 pays, pour la plupart en Afrique » d’améliorer leur documentation sous peine de perdre l’accès aux États-Unis.
Pour de nombreux jeunes et professionnels africains, cela a l’effet d’un coup dur. Pendant des décennies, les États-Unis ont représenté un symbole d’opportunité : universités de renom, carrières technologiques, start-ups accueillant les talents de la diaspora. Un second mandat de Trump menace désormais ce chemin. Sur le terrain de la campagne, Trump a clairement affirmé qu’il relancerait et élargirait ses interdictions de voyage, visant des pays à majorité musulmane et d’autres, promettant une répression « encore plus dure qu’avant », selon le Washington Post.
Il a même promis des expulsions massives et de nouveaux murs frontaliers. Au Congrès comme dans les médias, son équipe parle franchement de réduire le nombre d’« individus à risque », en utilisant des outils allant des décrets d’urgence à la surveillance par intelligence artificielle. Le message est clair : moins d’immigrants, des visas plus stricts, plus de contrôles. Pour les Africains en attente de visas d’études ou de travail, ce revirement est décourageant. Certains gouvernements touchés ont dénoncé ces mesures et promis des représailles, mais la réalité est là : de nombreux “rêves américains” deviennent plus difficiles à atteindre.
Une réalité inconfortable, mais aussi une opportunité
Mais cette nouvelle réalité peut aussi être un signal d’éveil. Lorsqu’une porte — celle de l’avion — se ferme, une autre s’ouvre sur internet. L’avenir de l’Afrique ne doit pas être défini par les visas. Il peut se construire à travers les ordinateurs portables, les smartphones et l’innovation locale.
D’un point de vue démographique, l’Afrique a un avantage considérable : d’ici 2050, un quart de la population mondiale — et plus d’un tiers des jeunes de la planète — vivront en Afrique, selon le Forum Économique Mondial (FEM). La population active du continent est en pleine expansion, même que de nombreuses économies occidentales déclinent — faisant de l’Afrique un “réservoir de talents” pour les entreprises internationales à la recherche de compétences.
Le FEM rapporte d’ailleurs que les employeurs d’Afrique subsaharienne sont optimistes quant à l’abondance de talents, voyant la croissance rapide de la population comme un atout. De plus, le travail à distance permet à certains des jeunes les plus brillants d’Afrique de ne plus avoir à émigrer pour réussir à l’échelle mondiale. Comme le souligne un expert africain de l’emploi des jeunes : « Il y a une opportunité réelle pour les jeunes africains de répondre à la demande croissante en compétences numériques à l’échelle mondiale » — en informatique, service client, etc. — sans quitter leur pays.
Des résultats concrets déjà visibles
Des plateformes de télétravail comme Upwork, Freelancer ou BreedJ (d’origine africaine) ont permis à des milliers d’Africains de vendre leurs services à l’international. Des développeurs à Lagos ou Accra travaillent désormais avec la Silicon Valley ; des graphistes à Nairobi gèrent des projets mondiaux ; des consultants juridiques ou marketing au Ghana conseillent des start-ups américaines — tout cela depuis leur bureau à domicile.
BreedJ indique que l’expansion de l’accès à Internet et aux mobiles a largement favorisé le travail à distance, notamment dans la technologie et l’économie gig. Au Nigeria, cette tendance a alimenté un nouveau secteur : l’externalisation des processus métiers (BPO). Le FEM note que la jeunesse nigériane soutient une croissance rapide des métiers en cybersécurité, réseaux, et IA.
De même, des start-ups majeures comme Flutterwave (paiements) ou Andela (formation de développeurs africains pour des clients mondiaux) prouvent que le monde peut être servi depuis l’Afrique. Des pionniers comme Zipline au Rwanda (drones médicaux) ou M-KOPA au Kenya (énergie solaire mobile) montrent que les solutions locales peuvent devenir des succès mondiaux.
L’essor du numérique en Afrique
Les rapports internationaux confirment cette dynamique. Selon BreedJ, 64 % des entreprises en Afrique subsaharienne voient déjà la transformation numérique comme un moteur clé de croissance. L’économie freelance a bondi : la main-d’œuvre indépendante africaine a augmenté de plus de 50 % depuis 2020, portée par les jeunes qui utilisent les plateformes pour décrocher des contrats à court et long terme à l’international.
Les gouvernements et ONG s’y intéressent : des programmes au Kenya et au Nigeria forment les jeunes à l’IA, à la data et aux compétences numériques essentielles. Même sur le plan des infrastructures, les pays africains investissent — des centres de données et des réseaux cloud se construisent en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, et ailleurs pour héberger des services IA localement. Des experts des Nations Unies soulignent que ce « détour numérique » — garder les données et outils en Afrique — créera des emplois (en informatique, ingénierie, construction) et offrira aux entrepreneurs africains l’agilité d’innover pour leurs propres réalités.
Le nouveau mot d’ordre : monétisez votre but
À l’échelle individuelle, la voie est claire : trouvez votre niche et monétisez votre but en ligne. Plutôt que d’espérer une carte verte, les jeunes Africains peuvent se demander : “Quelle valeur unique puis-je offrir au monde, numériquement ?”
Les plateformes permettent des micro-entreprises : un artiste ghanéen peut vendre ses œuvres à l’échelle mondiale ; un agripreneur nigérian peut exporter son cacao via l’e-commerce ; un ingénieur sud-africain peut conseiller des entreprises tech via Zoom.
En tant que coach mondiale du but, j’insiste toujours : découvrez vos forces, alignez-les aux besoins mondiaux, et bâtissez une entreprise fondée sur le sens, qui vous rémunère pour ce que vous aimez faire. Le terrain devient plus équitable. Un commerçant au Ghana peut vendre via Amazon ; un programmeur kényan peut enseigner via des cours en ligne ; un éducateur éthiopien peut capter des clients grâce aux réseaux sociaux — sans prendre l’avion.
Et ce n’est pas une utopie. La diaspora africaine montre la voie du retour. De plus en plus de professionnels qualifiés à l’étranger investissent et cofondent des start-ups en Afrique. Par exemple, 54gene, entreprise de génomique orientée vers les marchés africains, a été cofondée par le Nigérian-Américain Abasi Ene-Obong. Des réseaux comme Diaspora Angel Network permettent de canaliser capitaux et expertises de la diaspora vers des projets locaux. En retour, les gouvernements africains facilitent les collaborations transfrontalières, conscients que l’avenir repose sur des solutions africaines, guidées par la créativité africaine.
En conclusion : la relocalisation n’est plus nécessaire
Les nouvelles interdictions de Trump sont un réveil brutal — mais elles pointent l’Afrique vers une vérité incontournable : les opportunités de demain sont numériques, pas seulement géographiques. Il n’est plus nécessaire d’émigrer pour impacter le monde.
Comme l’a résumé une récente analyse, les entrepreneurs africains construisent aujourd’hui des solutions pratiques, culturellement ancrées, qui transforment leurs sociétés — et le monde observe.
Pour chaque Africain talentueux que Washington bloque, un autre atteint le monde depuis Nairobi ou Lagos via un ordinateur portable. Ce pivot imposé pourrait devenir l’atout de l’Afrique.
En tant que The Elevation Coach, je soutiens qu’en alignant votre but à un marché et en utilisant les outils numériques, vous pouvez réussir au-delà des frontières. La jeunesse africaine, ses professionnels et ses créatifs digitaux sont résilients. Face aux portes fermées, ils ouvriront simplement de nouvelles fenêtres — vers l’innovation, le e-commerce, le conseil à distance, la création de contenu — et continueront à laisser leur empreinte sur la scène mondiale.
Par Vicki L. Otaruyina, The Elevation Coach | Consultante en Expansion de Marché chez Ruyina Global