Culture

Propos diffamatoires présumés de Himra : Obouo Music écrit à Warner Music France et annonce une plainte

Par Charles Kouassi26 novembre 2025

Le producteur David Monsoh saisit Warner Music France pour des faits présumés d’injures et de diffamations, l’usage non autorisé de samples et la diffusion d’un titre accusé de porter atteinte à son honneur. Une mise en demeure exige la suppression du nom de l’intéressé et une indemnisation de 50.000 €.

Une mise en demeure adressée à Warner Music France

Dans une correspondance datée du 26 novembre 2025, l’avocat Étienne Denarié, représentant le producteur David Monsoh et la société Obouo Music, interpelle officiellement Warner Music France au sujet d’un titre du chanteur Himra diffusé depuis le 7 novembre 2025.
Selon le document, la chanson, largement relayée sur YouTube et les réseaux sociaux, contient des propos considérés comme diffamatoires et gravement préjudiciables à l’encontre de son client.

L’avocat indique que le morceau, qui aurait franchi les 2,3 millions de vues au 19 novembre 2025, porte atteinte à l’honneur et à la réputation de David Monsoh.

Des propos jugés diffamatoires et homophobes

Au cœur du litige : une séquence située à la 73ᵉ seconde de la vidéo, dans laquelle Himra, en réponse à une pique de l’artiste Didi B, déclare : « Moi, je suis pédé ? Demande à David Monsoh. Dès qu’il m’a envoyé coucou, je l’ai bloqué. » (extrait cité dans la page 1 du document ).

Pour Me Denarié, ces propos constituent :

  • une diffamation publique au sens de l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881,
  • une atteinte homophobe, passible d’un an de prison et 45 000 € d’amende, comme rappelé dans la mise en demeure (page 2).

L’affaire serait portée devant les juridictions compétentes, notamment sur le fondement de l’article 1244-1 du Code civil.

L’avocat insiste sur la « gravité exceptionnelle » des imputations, compte tenu de leur diffusion massive et mondiale via YouTube.

Demande de retrait immédiat et menace de procédure judiciaire

Estimant son client victime d’injures et de diffamation, Me Denarié exige de Warner Music France plusieurs mesures :

  • le retrait du nom de David Monsoh de la chanson,
  • la cessation de toute diffusion du contenu litigieux,
  • la réparation financière du préjudice,
  • la publication de la décision judiciaire éventuelle pour prévenir toute récidive.

La major a été invitée à justifier sous 72 heures de la suppression du contenu ou de mesures correctives. À défaut, l’affaire serait portée devant les juridictions compétentes, notamment sur le fondement de l’article 1244-1 du Code civil.

Accusation d’utilisation illégale de samples de DJ Arafat

Un deuxième volet du dossier porte sur l’utilisation présumée non autorisée de samples appartenant à Obouo Music, notamment en lien avec les productions du regretté Ange Didier Houon (DJ Arafat).
Selon le courrier (page 2) , ni Obouo Music ni David Monsoh n’ont donné d’autorisation à Himra ni à Warner Music France pour intégrer ces éléments sonores dans le titre incriminé.

Lire aussi : Himra sur la scène des Flammes 2025 : une première historique pour le rap ivoirien

Pour ces deux motifs combinés — propos diffamatoires et usage non autorisé de contenu protégé — Me Denarié réclame une indemnisation de 50.000 €.

Warner Music France tenue responsable en tant qu’éditeur

La mise en demeure s’adresse directement au président de Warner Music France, Alain Veille, car la maison de disques est considérée comme éditeur du titre. À ce titre, elle serait responsable de sa diffusion « ample » et des impacts potentiels de la chanson sur la réputation du producteur.

L’avocat se dit disponible pour un entretien entre conseils juridiques afin d’éviter une escalade judiciaire.

Un dossier aux répercussions possibles pour l’industrie musicale

Cette affaire pourrait avoir des répercussions plus larges dans le secteur musical, notamment sur :

  • la responsabilité des labels dans la diffusion de contenus litigieux,
  • la gestion des droits liés aux samples,
  • la lutte contre les propos discriminatoires et diffamatoires dans le milieu artistique.

Pour l’heure, le document étudié ne mentionne aucune réaction officielle de Warner Music France.
Pour rappel, une autre plainte a été déposée contre l’artiste en Côte d’Ivoire. Après avoir tenté un règlement à l’amiable des membres du staff de Himra ont été désavoués par Rahim Bakayoko alias Himra. L’affaire suit son cours en Côte d’Ivoire, et pourrait prendre du temps.

Charles Kouassi

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