La Chine construirait en Afrique non seulement des ports, mais une véritable architecture de puissance continentale, au point de susciter des critiques publiques venant de Russie. Cela reflète un discours émergent autour de la compétition sino-russe en Afrique.
Le groupe d’analyse Rybar Africa, proche de sources russes, a rendu publique une carte recensant plus de cinquante ports africains considérés comme étant sous influence chinoise. Une telle diffusion illustrerait une irritation croissante à Moscou: loin d’être un allié docile, Pékin deviendrait un rival qui étend discrètement son emprise sur les voies maritimes du continent.
Les Russes craindraient une stratégie chinoise fondée sur une présence progressive: investissements dans les infrastructures, modernisation des ports, partenariats commerciaux… puis consolidation opérationnelle. À Djibouti, la transformation d’un port civil en base militaire serait citée comme exemple. En Tanzanie, l’ampleur des travaux financés par la Chine donnerait lieu à un contrôle durable. En Guinée, les coopérations minières serviraient prioritairement l’économie chinoise.
Rybar Africa décrit chaque port développé par la Chine comme un « point d’appui militaire potentiel » dans une stratégie continentale plus large. Cette lecture transforme les investissements chinois en leviers d’influence capables de modifier les équilibres géopolitiques régionaux.
Ainsi, loin de l’image d’un partenariat sans limites, la rivalité sino-russe apparaît comme une réalité palpable: deux puissances cherchant à s’imposer en Afrique, chacune avec son propre modèle d’influence. Pour les États africains, cette situation pose une question majeure: comment tirer profit des investissements étrangers sans devenir le terrain d’affrontement de stratégies globales ?
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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