Le Mali subit depuis plusieurs semaines une grave pénurie de carburant, en raison d’un blocus imposé par les terroristes du JNIM. Face à la crise qui s’éternise, les populations attendent encore l’hypothétique aide promise par l’allié russe.
Depuis septembre 2025, les stations-service de Bamako sont à sec, privées de carburant : les files d’attente s’allongent, les écoles sont fermées, les coupures d’électricité sont sans fin, en un mot, la vie est à l’arrêt. La raison de cette pénurie : un blocus imposé par le groupe terroriste JNIM qui attaque systématiquement les convois de camions-citernes en provenance de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal. Face à la crise qui s’éternise, les populations attendent encore l’hypothétique aide de l’allié stratégique russe.
Bamako, une vie sous cloche
La vie à Bamako est intenable, à l’arrêt. La capitale du Mali vit sous cloche, du fait du blocus imposé par les terroristes du JNIM sur la livraison du carburant. Les conséquences : les cours sont suspendus dans les écoles et les universités du pays, Les coupures d’électricité s’éternisent poussant les entreprises à baisser le rideau.
Si, le gouvernement ne communique pas sur les dommages notamment dans les hôpitaux, les populations subissent l’inflation de plein fouet, selon le mondeafrique. Le litre d’essence peut atteindre 6.500 Fcfa, quand on en trouve. Le sac de riz de 50kg dépasse les 50.000 Fcfa, alors que le prix du sucre connaît une hausse de +200%.
Vous êtes dans vos bureaux là-bas, dans votre zone de confort, vous ne pouvez pas prévenir les crises, vous ne pouvez pas gérer les crises. On est épuisé .
Alima Togola, une comédienne et présentatrice TV
Sur les réseaux sociaux, les Bamakois crient leur colère. Dans une publication sur TikTok, Alima Togola, une comédienne et présentatrice TV au 1,3 million d’abonnés dénonce l’inertie du gouvernement face au cafouillage dans les stations-service où les populations se disputent le moindre libre d’essence ou gasoil. « Vous êtes dans vos bureaux là-bas, dans votre zone de confort, vous ne pouvez pas prévenir les crises, vous ne pouvez pas gérer les crises. On est épuisé », lâche-t-elle, dans une vidéo de 3,32 minutes.
La Russie : un allié stratégique absent
La situation est d’autant plus difficile à accepter pour les populations que la junte du général Goïta a signé un accord stratégique avec la Russie en 2021. Moscou promettait le retour progressif à la normale avec la livraison régulière de produits pétroliers et agricoles pour aider à stabiliser l’économie malienne et à assurer la sécurité alimentaire.
Quatre ans plus tard, la situation sécuritaire s’est dégradée avec les attaques attribuées aux drones russes et turcs. Novembre 2023 à Kidal, mars 2024 à Amasrakad, juillet 2025 à Zouéra ou encore octobre 2025 à Émimalane. Des massacres au bilan humain insoutenable dissimulé par la junte, souligne le mondeafrique sous la plume de Mohamed AG Ahmedou.
De plus, le JNIM impose depuis septembre 2025, un blocus contre Bamako à travers un étranglement des routes d’approvisionnement en carburant. La pénurie qui s’aggrave met en péril l’existence même de l’État malien. Elle a, d’ailleurs, poussé l’ambassade des États-Unis à demander à ses ressortissants de « quitter immédiatement » le pays.
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Face à cette pénurie de carburant qui s’éternise, paralysant le Mali, l’inaction de l’allié stratégique russe interroge sur l’efficacité du partenariat noué en 2021. L’absence de réponse appropriée de Moscou résonne comme un désaveu. Les forces russes présentes dans le pays semblent incapables de briser le blocus du JNIM ou de sécuriser les routes de ravitaillement.
Yaya K