Économie

Paris recadre Roselyne Layo : Pas de concert sans excuses

Par Jean-Paul Oro25 septembre 2025

Dans l’après-midi de mardi 23 septembre 2025, Éric Saki, président de l’AISB-Diaspora (association ivoirienne du show-biz de la diaspora), a été reçu à l’Hôtel de Ville de Paris par Jean-Luc Romero-Michel, adjoint au maire chargé des droits humains. Au cœur des échanges : la polémique autour de la chanteuse Roselyne Layo, accusée de propos homophobes et prétendument “blacklistée” par le lobby LGBT. Le responsable parisien a tenu à clarifier les faits et rappeler les principes de la République française.

Une rencontre sous tension mais nécessaire

C’est dans un climat de franchise que s’est tenue la rencontre entre Éric Saki, l’un des acteurs du show-biz ivoirien de la diaspora et Jean-Luc Romero-Michel, élu parisien ouvertement membre de la communauté LGBT. Entouré de sa cheffe de cabinet, M. Romero a reçu Éric Saki pour discuter de la situation de Roselyne Layo, dont les propos jugés homophobes ont suscité une vive réaction en France et en Côte d’Ivoire.
Le concert d’Orléans, une affaire montée de toutes pièces.

Dès l’entame, M. Romero a tenu à dissiper les rumeurs concernant une prétendue annulation de concert à Orléans. Selon lui, « le concert d’Orléans était bidon ». Il précise que l’événement n’était pas prévu dans la ville même, mais dans un petit village voisin où les organisateurs auraient loué une salle municipale sous prétexte d’une “baby shower”. Aucune autorisation n’avait été demandée pour un concert, et la mairie locale a confirmé par écrit que la salle n’a jamais été réservée à cet effet. « Ce concert n’a jamais été annulé car il n’a jamais existé en vrai », a-t-il martelé selon Éric Saki qui nous l’a confié.

Des propos jugés provocateurs et irresponsables

Au-delà de la question logistique, c’est le fond du discours de Roselyne Layo qui préoccupe l’élu parisien. Selon les propos rapportés par Eric Saki, M. Romero déplore que la chanteuse « continue ses provocations », ne montre aucun regret et persiste dans ses déclarations. Il souligne que dans un pays comme la Côte d’Ivoire, où un influenceur a déjà lancé une chasse aux homosexuels, de tels propos peuvent avoir des conséquences graves. « Elle passe son temps à mentir », aurait-il ajouté.

Une porte ouverte… à condition d’excuses.
Malgré la fermeté de ses propos, Jean-Luc Romero-Michel n’a pas fermé la porte à une réhabilitation de l’artiste selon Éric Saki. Il affirme que Roselyne Layo est « la bienvenue à Paris », à condition qu’elle présente des excuses claires et reconnaisse que ses propos ont pu être mal interprétés. « La ville ne peut accepter qu’on stigmatise une partie de la population », a-t-il insisté. Tant que ces excuses ne seront pas formulées, il prévient que la communauté LGBT continuera à s’opposer à ses concerts, en Europe comme au Canada.

Une inquiétude pour les homosexuels ivoiriens

Enfin, l’élu parisien a exprimé son indignation face à l’impact des propos de Roselyne Layo sur les personnes homosexuelles en Côte d’Ivoire. Selon lui, ces déclarations ont exacerbé les tensions et renforcé les discours homophobes dans un pays pourtant perçu comme relativement tolérant envers la communauté LGBT.

Jean-Paul Oro à Paris

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