Le 25 novembre 2025, le gouvernement ivoirien, en partenariat avec l’Ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire, a poursuivi sa campagne nationale visant à sensibiliser les étudiants non seulement à l’utilisation responsable du visa étudiant, mais aussi aux nombreuses opportunités qu’offre la Côte d’Ivoire aux diplômés, y compris ceux formés à l’étranger.
À la suite de la session du 19 novembre 2025, cette nouvelle rencontre a permis d’informer les étudiants sur les opportunités académiques aux États-Unis, les obligations légales liées au visa étudiant et l’importance stratégique du retour au pays après leurs études.
En ouvrant la séance, Dr Traoré Dolazié, Directeur de la Gouvernance Universitaire, a rappelé le rôle essentiel de l’université dans la formation de citoyens engagés. « Notre vision est de construire une université innovante, performante et citoyenne », a-t-il déclaré, soulignant que 70 % des enseignants de l’UFHB sont eux-mêmes revenus servir la Côte d’Ivoire après une formation à l’étranger.
Pour lui, le retour au pays n’a rien de nouveau : « Aller se former ailleurs et revenir, ce n’est pas nouveau dans l’histoire ». À cet effet, il a cité Aristote, Platon et le Président Alassane Ouattara comme exemples. Il a insisté sur l’enjeu : « Nous ne devons jamais perdre nos compétences, les véritables ressources de développement de notre pays. »
Au nom de l’Ambassade des États-Unis, Madame Marie Martine, Conseillère de Presse et des Affaires Culturelles, a mis en avant la solidité du partenariat entre les deux pays. « Quand les ministères unissent leurs efforts, c’est la jeunesse qui gagne. Et quand la jeunesse gagne, c’est tout le pays qui avance. »
Elle a rappelé que le visa étudiant représente une chance qui exige responsabilité : « Un visa n’est pas un droit, c’est une opportunité. Et chaque opportunité demande de la responsabilité. » Partageant son expérience personnelle, elle a ajouté : « J’ai été moi-même bénéficiaire d’un visa étudiant pour l’Europe, cette expérience a façonné ma vision du monde. »
Mettant en garde contre les arnaques, elle a averti : « Si quelqu’un vous promet un visa garanti, tournez-vous et partez. C’est une arnaque. Seul un officier consulaire américain, après un entretien en personne à l’ambassade, peut délivrer un visa. »
La conférence a également été l’occasion de présenter les opportunités professionnelles en Côte d’Ivoire. Yannick Gnaman, Chef de l’Agence Prestige à l’Agence Emploi Jeunes, a livré un message fort sur les perspectives offertes aux jeunes diplômés.
Il a posé la question : « Rentrer, oui… mais pour quoi faire ? » Avant de répondre : « Il y a des opportunités ici, en Côte d’Ivoire, avec des salaires qui donnent envie. » Il a évoqué des offres dans le secteur pétrolier allant « de 893 000 F CFA à 15 millions F CFA par mois », illustrant l’attractivité croissante du pays pour les compétences de haut niveau.
Il a également souligné l’avantage compétitif des talents locaux, en lien avec le nouveau décret sur le contenu local : « Recruter un Ivoirien est un double avantage pour les entreprises et pour l’économie nationale. » Il a encouragé les jeunes de la diaspora à s’identifier : « Nous avons besoin de savoir ce que vous valez pour mieux vous proposer à nos entreprises partenaires. »
Pour sa part, Monsieur Anderson N’da, Directeur des Programmes de Renforcement des Capacités à Côte d’Ivoire PME, a mis en lumière les dispositifs d’appui destinés aux entrepreneurs et aux PME. « 70 % des entreprises ferment avant cinq ans. C’est pour cela que l’État a jugé essentiel de soutenir les entrepreneurs. »
Il a détaillé les trois axes d’intervention : renforcement des compétences techniques et managériales, promotion de la culture entrepreneuriale et de l’innovation, et facilitation de l’accès au financement. « L’entrepreneuriat peut créer de l’emploi et réduire le chômage. »
Il a cité les résultats du PAPS, qui a accompagné 7 500 jeunes sur l’ensemble du territoire, et rappelé la création d’une Société de Garantie facilitant l’accès au crédit pour les PME.
S’adressant aux étudiants, il a conclu : « Vous pouvez compter sur l’État. L’audace et le courage de créer des entreprises seront toujours soutenus. »
Cette deuxième édition a rassemblé plus de 500 étudiants venus de plusieurs universités d’Abidjan et de Grand-Bassam, mobilisés autour des enjeux liés aux études à l’étranger et au retour au pays pour servir la Côte d’Ivoire.
À travers cette conférence, un message essentiel s’est dégagé : l’État investit dans sa jeunesse, sa diaspora et ses futurs leaders. Étudier à l’étranger demeure une opportunité précieuse, mais revenir contribuer au développement national est un choix stratégique, soutenu et valorisé. Comme l’a résumé un intervenant : « L’avenir est en Côte d’Ivoire. »
Touré Abdoulaye avec L. Abdul