Agée de 30 ans, Mlle Oboudou Marina Carine est décédée dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre 2015 à 5 h du matin au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yopougon. Selon la mère de la défunte , ce décès est la conséquence de la négligence d’un médecin du service de neurologique dudit CHU.
Mme Oboudou Lorougnon, la mère de la victime, relate les circonstances du décès de sa fille qu’elle qualifie de meurtre commis par M. Yao médecin au service de neurologie.
« Le week-end dernier (vendredi 4 décembre 2015, Ndlr) ma fille Carine a eu un accident cardio-vasculaire (AVC). J’étais au village et ses frères l’ont immédiatement envoyée au Chu de Yopougon pour recevoir des soins. À leur arrivée, les médecins ont révélé qu’elle avait un problème de nerf. Il fallait donc l’amener au service neurologie du Chu de Yopougon». Mme Lorougnon quitte le village le mardi 8 décembre 2015, pour se rendre à Abidjan, principalement au CHU de Yopougon, afin de s’assurer de l’évolution de la santé de sa fille. A première vue à son arrivée , dit-elle, la situation de Carine s’améliorait. « J’ai même papoté avec Carine quand je suis arrivée jusque dans la journée du vendredi 11 décembre 2015. Son fiancé qui vit aux Etats-Unis, a même échangé avec elle. Elle m’a donné espoir », a-t-elle ajouté. Mais, c’est dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre 2015 que tout va basculer. Selon la mère de la victime, les médecins devaient poser une poche de sang à sa fille. Chose qui a été faite. Aux environs de 22 h, pendant la transfusion sanguine, révèle-t-elle, Carine a commencé à faire de la fièvre. Alors le docteur Yao qui est de garde ce jour, décide de mettre sa patiente sous un traitement de paracétamol pour baisser la température. Ce qui la soulage. Et après il la remet sous perfusion. A minuit, après avoir mangé, la jeune dame fait à nouveau une crise de fièvre plus sévère que la première. « Ma fille a commencé à suffoquer sur son lit, l’épicrânien de sang a sauté. Mais il y avait un sérum de maintien qui était lié également à elle. Lorsque le docteur Yao est venu l’examiner, il a enlevé les deux sérums, c’est-à-dire la transfusion de sang et le sérum de maintien », relate dame Lorougnon. Troublée par cela, la mère demande à ce dernier de remettre au moins le sérum de maintien ce qui permettra à sa fille de rester en vie. Mais selon elle, le docteur refuse en la repoussant avec sévérité en ces termes: « Ah demain !!!». Comme toute mère qui ne peut voir son enfant dans la douleur et rester indifférente , dame Lorougnon va manifester son instinct maternel. Ainsi, pour baisser la fièvre, elle donne un bain froid à sa fille. Malheureusement, cela ne soulage pas Carine. Vers 1 heure, elle tombe dans le coma. « J’ai couru pour toquer à la porte du médecin de garde avec la fiche de garde de Carine. En le suppliant de venir soigner mon enfant qui agonisait. Il a refusé. Je lui disais docteur s’il te plait ma fille est mourante. Mais à plusieurs reprises, docteur Yao a fermé la porte et m’a repoussée », dit-elle avec une voix lourde de tristesse. Poursuivant, elle révélée que : « à 4h du matin, il me donne une ordonnance pour acheter des médicaments. J’ai acheté mais c’était déjà trop tard. A ce moment, Carine était sous oxygène et avançait allègrement vers la mort. Vers 5 h du matin ma fille a rendu l’âme dans mes bras».
Selon sa mère, Oboudou Carine Marina était commerciale dans une entreprise de la place. Elle est décédée, laissant derrière elle deux enfants et une famille qui se rappellera toute sa vie, les circonstances d’une mort soudaine et triste.
Docteur Yao affirme avoir tout fait pour sauver sa patiente
Joint par téléphone, le docteur incriminé par la mère de la victime a donné sa version des faits : « Vers 1h40 mn ou 2 heures du matin du vendredi (12 décembre 2015, NDLR) madame Lorougnon m’a interpelé sur l’état de santé de sa fille. J’ai appelé le médecin qui a suivi le protocole. Quand elle a frappé la porte nous sommes sortis. La preuve nous avons appelé le médecin , et elle (ndlr médecin) est venue prendre soin de sa fille. Nous avons fait tout ce qu’on pouvait pour la sauver mais malheureusement elle a rendu l’âme aux environs de 5 heures du matin », a-t-il expliqué.
Par MB