Le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2023, poursuit sa guerre médiatique contre les « puissances impérialistes ». Le 8 novembre 2025, à Gaya, il dénonçait encore un « complot » orchestré depuis le Bénin avec la complicité de la France. Une rhétorique bien rodée, devenue le moteur d’un régime incapable d’apporter la sécurité promise.
Selon ACLED, les violences armées ont causé plus de 2 400 morts en moins de deux ans. Les régions de Tillabéri et Diffa vivent dans la terreur, tandis que Niamey se replie sur elle-même. En intégrant 369 djihadistes « repentis » dans l’armée, le gouvernement a franchi un pas inquiétant : celui de la compromission avec les ennemis d’hier.
Le choix de Tiani
Face à ces critiques, Tiani choisit la diversion : il dénonce les « manœuvres de Paris », accuse les voisins d’être des relais du terrorisme et s’affiche en défenseur d’une souveraineté africaine qu’il trahit par ses actes. Le Quai d’Orsay, comme le Bénin et la Côte d’Ivoire, ont plusieurs fois rejeté ces allégations, mais le mal est fait : la population, lassée, se nourrit de désinformation.
L’économie, elle, s’effondre : inflation à deux chiffres, frontières fermées, aides suspendues. Le pays, jadis partenaire exemplaire de la CEDEAO, devient un foyer d’instabilité. La France, transformée en bouc émissaire, sert de rideau de fumée à un pouvoir sans solution.
L’échec total d’une junte qui gouverne par la paranoïa.
Pendant que le régime célèbre ses victoires imaginaires, les Nigériens affrontent la faim et la peur. Le mythe de la « souveraineté » cache une réalité plus crue : l’échec total d’une junte qui gouverne par la paranoïa.
Une correspondance particulière de Fleur Kouadio
Rédactrice en chef – Cap Ivoire Info