À l’occasion de la 7e édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), le dimanche 1er juin 2025 au Parc des expositions d’Abidjan, notre équipe d’Afrikipresse a échangé avec Moussa Diarra, jeune éleveur ivoirien à la passion affirmée, plusieurs fois récompensé et actuellement secrétaire général d’une organisation professionnelle du secteur.
Engagé et fier de son cheptel, il nous a confié les raisons de sa présence à ce rendez-vous, est revenu sur son parcours et ses distinctions, et a exhorté la jeunesse à s’investir dans cette filière qui permet de vivre dignement.
Qu’est-ce qui vous a motivé à participer au salon international cette année ?
Je suis venu au SARA 2025 pour montrer que, chez nous en Côte d’Ivoire, on peut très bien élever des animaux de qualité. Beaucoup de gens pensent encore qu’on doit forcément aller à l’étranger pour trouver de belles bêtes bien formées. Moi, je veux leur prouver que c’est faux. Je veux également motiver les jeunes, à s’intéresser à l’élevage, parce que c’est un métier qui peut vraiment nourrir son homme. Je ne suis pas là pour vendre mes animaux, mais pour faire passer un message et donner envie à d’autres de se lancer.
Vous avez remporté plusieurs distinctions cette année. De quelles récompenses s’agit-il, et quelles races avez-vous présentées ?
On m’a demandé de venir avec des races locales. Mon N’dama, une espèce de chez nous, a remporté le premier prix. J’ai aussi présenté des races sahéliennes africaines, réputées pour leur vigueur. En plus du prix du meilleur bovin local, j’ai reçu le premier prix pour la production laitière, ainsi que celui du meilleur bovin à viande. Ce sont des distinctions très valorisantes, qui viennent récompenser le sérieux et la rigueur de notre travail.
Quel effet cela vous a-t-il fait de recevoir autant de prix ?
J’étais vraiment touché. Quand on donne de soi et que l’on est reconnu, c’est une immense fierté. On se sent considéré, estimé. J’ai ressenti une grande émotion, comme si j’avais atteint un sommet. C’était fort. Je voudrais remercier l’État, parce que ces progrès sont possibles grâce à la vision du président Alassane Ouattara. Avant lui, la filière élevage manquait d’organisation. Aujourd’hui, sous son impulsion, nous disposons d’une structure solide, l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA). Nous avons avancé progressivement, des coopératives à une organisation professionnelle. Je lui suis reconnaissant. Comme on le dit chez nous : « Le bœuf ne peut pas remercier la forêt, car il y retournera toujours pour brouter ». Ce qu’il a accompli pour notre secteur est considérable. Nous prions pour lui, afin qu’il vive longtemps et continue de soutenir les producteurs.
Pouvez-vous nous expliquer le rôle de ce regroupement ?
Je suis le secrétaire de l’OIA qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière élevage. Aujourd’hui, d’un bout à l’autre du pays, les éleveurs sont unis. Cette solidarité nous permet d’être plus efficaces, plus visibles et mieux écoutés. Et quand un problème survient, nous avons la capacité d’intervenir rapidement.
Quel message adressez-vous aux étudiants qui cherchent leur voie professionnelle ?
Je leur dirais de foncer. L’élevage est une activité qui rapporte. Cette génisse, par exemple, a aujourd’hui 19 mois. Et, elle est déjà gestante. C’est une performance remarquable. Dans d’autres pays, il faut attendre bien plus longtemps. Chez nous en Côte d’Ivoire, grâce au climat, les animaux se développent vite. Personnellement, même si on me proposait un poste dans un bureau climatisé, je choisirais toujours ce métier.
Quelles sont les clés pour avoir des animaux aussi performants ?
C’est assez simple. Il faut leur fournir une alimentation adaptée et un environnement favorable. Pour la prise de poids, on utilise des concentrés alimentaires. Deux à trois kilos par jour suffisent pour obtenir de très bons résultats. Notons également que le cadre de vie est essentiel. Il faut un enclos bien aménagé, avec un sol sec, un abri contre la pluie et un espace ensoleillé pour le repos. Il ne faut jamais laisser les animaux dormir dans la boue. L’hygiène, c’est la clé. C’est ce qui garantit leur bien-être et de bons rendements.
Propos recueillis par JM